Cet hiver, Ilias s’est rendu dans l’océan Indien à la rencontre de femmes engagées dans les luttes mémorielles autour de l’esclavage. Une histoire encore trop peu mise en lumière, voire largement invisibilisée, à La Réunion et à l’Île Maurice, deux territoires pourtant profondément marqués, voire façonnés, par ce passé colonial.
Parmi ces voix, celle de l’écrivaine réunionnaise Expédite Laope-Cerneau. Autrice du roman « Clotilde, de la servitude à la liberté », elle a accepté de revenir sur les héritages de la colonisation et leurs effets persistants sur les rapports de classe à La Réunion. Intellectuelle et militante, elle défend des positions fortes sur les enjeux de mémoire, d’oubli et de transmission, et livre ici son regard sur le passé, le présent et l’avenir d’une mémoire au cœur des mécanismes du racisme contemporain.
À Maurice, il a également rencontré l’universitaire Vijaya Teelock, figure majeure des recherches sur l’esclavage et l’engagisme. Elle a notamment contribué aux travaux de l’UNESCO autour de la Route de l’Esclave et est l’autrice de « Bitter Sugar » (ou "Sucre amer"), ouvrage de référence sur l’esclavage et la canne à sucre à l’île Maurice. Elle revient au micro de Prun’ sur les héritages de la colonisation et leurs impacts durables sur les rapports sociaux à Maurice, une île marquée par les rivalités entre puissances coloniales et par une histoire complexe de domination et d’exploitation.