Cette année, John est en compagnie de la nouvelle recrue Loanne, pour qui c'est son premier Hellfest, c'est donc elle qui aura la parole pour ce Live Report !
Alors, que s'est-il passé lors de ce Hellfest ? Restrictions dues à la canicule, consigne anti-polémique, dons à des associations, hommage, annulations et adieu de grands noms...
Plongeons au cœur de l'enfer !
Mercredi
Cette année, nous arrivons assez tôt pour nous permettre de profiter des petites scènes.HellStage, HellCage et Purple House. Les concerts s'y enchaînent durant tout le festival, au milieu des boutiques et des restaurants à l'entrée du site.
C'est ainsi que nous commencons avec les nantais de Cold.Capsule dans la Purple House : une cage, le groupe à l’intérieur et un public déjà chaud qui tourne autour. De quoi nous mettre dans l'ambiance.Une joie de les retrouver après notre émission 132 qui leur était dédiée, il y a 3 ans déjà.Nous en profitons pour voir également Celeritas avec leur Eurodance et les performances Neo-Burlesque de Medusa Hendrick's.Ces shows sont proposés quotidiennement durant le festival.
Jeudi
À peine le temps de nous remettre de nos émotions de la veille qu’il faut déjà courir vers les scènes pour ce premier jour de Hellfest, pour le skate punk ultra-rapide de Satanic Surfers.Pour être tout à fait honnête, ce style de punk, ce n’est pas franchement ma tasse de thé. Mais pour John, c’était un concert obligatoire. Les légendes suédoises sur la scène du Hellfest, c’est pour lui un aller simple vers ses années d’adolescence : l’époque des compils de skate et des pantalons trop larges.
À leurs débuts dans les années 90, le groupe avait une particularité : leur chanteur, Rodrigo Alfaro, était également... le batteur ! Tenir un rythme punk à 200 bpm tout en assurant les lignes de chant relève du pur exploit physique. Même s'il a fini par lâcher les baguettes pour se concentrer sur le micro sur scène, l'énergie du groupe est restée intacte.
Et c’est bien là la magie du Hellfest. Même si l'on n'est pas le premier fan du genre, impossible de rester de marbre face à leur set. Les mecs envoient leurs riffs avec une intensité folle, et la bonne humeur dans le public est contagieuse. Un grand moment de communion, des sourires partout, et un John aux anges. Un début de festival sous le signe du partage et de l’énergie positive !
Il y a des moments que l’on attend pendant des années, et ce premier Hellfest pour moi est l’occasion parfaite pour cocher l’une des cases de ma bucket list : voir enfin The Pretty Reckless en live. Pour mon tout premier concert devant la mythique Mainstage, l'excitation est à son comble. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le rendez-vous est honoré.Dès les premières notes, le groupe new-yorkais envoie du lourd. Taylor Momsen n'est pas juste une chanteuse : c'est un personnage à part entière, une bête de scène dotée d'une prestance et d'une voix monumentales. On est face à un show millimétré, intense, le genre de performance visuelle et sonore qu'il ne faut absolument pas louper.
Avant de devenir l'icône rock provocante et charismatique que l'on connaît aujourd'hui, Taylor Momsen a eu une enfance très exposée à Hollywood. C'est elle qui incarnait la petite Cindy Lou Who dans le film culte Le Grinch (2000) face à Jim Carrey, avant de devenir la célèbre Jenny Humphrey dans la série Gossip Girl. Elle a tout plaqué à l'adolescence pour se consacrer uniquement au rock, prouvant à la Terre entière qu'elle avait le Metal et le blues dans le sang.
Seul bémol de ce set : le climat. On peut le dire, on assiste à un show carrément chaud… au sens propre du terme. Sous une chaleur écrasante et un soleil de plomb qui commence à me terrasser, je dois me résoudre à quitter la fosse un peu plus tôt que prévu. C’est donc à l’ombre et les yeux rivés sur les écrans géants que je savoure la fin de leur performance.
Avant même que la magie opère sur scène, nous avons eu la chance de pouvoir partager un moment privilégié avec les membres de Skáld pour une interview. Au-delà de leur talent, ce sont des artistes d’une gentillesse et d’une accessibilité qui font plaisir à voir. Une rencontre humaine qui annonçait déjà un concert mémorable.
Pour être honnête, je ne connaissais pas du tout le groupe avant que John ne m'en parle avec insistance dans les préparatifs du festival. Et quelle claque ! Skáld ne se contente pas de jouer de la musique, ils installent une atmosphère qui vous traverse de part en part. C'est à la fois magique, mystérieux et intrigant.
Dès l'entrée sur scène, l'expérience est multisensorielle : la sauge brûlée qui plane dans l'air, la vision d'instruments traditionnels d'un autre temps et, bien sûr, la voix pure et magistrale de Marie, la chanteuse. Tout est fait pour nous propulser dans un univers folklorique nordique. C'est une expérience hors norme, presque thérapeutique, qui fait un bien fou et nous extirpe radicalement de notre routine habituelle de métalleux·ses.
Le projet Skáld est né d'une volonté de faire revivre la poésie des anciens scaldes scandinaves. Les textes chantés par le groupe ne sont pas de simples paroles de chansons, ce sont de véritables poèmes médiévaux tirés de l'Edda poétique, chantés en vieux norrois (la langue parlée par les Vikings). Autant dire que le travail de recherche derrière chaque morceau est colossal.
Ce concert est un voyage initiatique captivant, suspendu dans le temps. À ce rythme-là, je vais finir par capituler et rejoindre définitivement le camp de John, qui défend la cause du Pagan corps et âme ! Une immense surprise et l’un de mes grands coups de cœur de cette édition.
Nous avons eu l’honneur de poser nos micros avec Skáld pour une interview hors du temps.
Avant de terminer la journée, il est l'heure de l'hommage au prince des ténèbres, Ozzy Osbourne, qui nous a quittés le 22 juillet dernier et dont la statue accueille les festivalier·ères.
Elle rejoint celle de Lemmy Kilmister au panthéon des dieux du Metal.
Si je ne devais retenir qu’un seul mot pour qualifier la performance de Bring Me The Horizon, ce serait sans hésiter : spectaculaire. En temps normal, j’ai plutôt tendance à vouloir valoriser et donner du crédit aux plus petits groupes de l'affiche. Mais là, force est de constater que le groupe britannique fourni un effort colossal qui force le respect.Ce n'est plus un simple concert, c'est un spectacle. Le mapping est tout simplement génial, les décors post-apocalyptiques immersifs, les effets spéciaux dantesques... Déjà grande fan de BMTH à la base, je ne pensais pas qu'ils parviendraient encore à me surprendre à ce point. C’est exactement ce genre de claque que je suis venue chercher au Hellfest !
Le seul véritable point négatif de ce concert ne vient pas de la scène, mais du sol. C'est frustrant de voir à quel point le groupe se donne corps et âme pour retourner la Mainstage face à un public étonnamment statique. Oli Sykes a beau essayer de dynamiser la foule et tout tenter pour installer une ambiance de folie, celle-ci a du mal à prendre dans la fosse. La faute, très probablement, à cette chaleur écrasante qui fini par user les festivalier·ères après des heures de piétinement. Mais de mon côté, les étoiles dans mes yeux sont là pour un bon moment !
Le concert n'est pas encore fini que je perds John, parti voir Feuerschwanz.Le groupe de Comedy Folk a parfaitement joué son rôle.Mené par le duo de chanteurs Hauptmann Feuerschwanz et Prinz R. Hodenherz III (de son vrai nom Ben Metzer, chanteur de dArtagnan, autre groupe de folk).L'humour, la danse et les paroles grivoises sont au rendez-vous.Genre de chanson paillarde moderne, mais bon, John est heureux.
Le Off
Ce que nous avons appris lors de ce premier jour, ce sont les engagements toujours plus nombreux du Hellfest avec les associations. Avec le travail de Cindy Pajot, responsable des sujets sociétaux et environnementaux pour le Hellfest (également présidente de l'association Noise Impulsion qu'Iron Malt avait reçue dans son émission 146), le Hellfest avance sur des projets en collaboration avec les associations.À l'image du stand dédié à Savage Lands, l'ONG de défense de la biodiversité 100 % Metal, qui mène bon nombre d'actions et à qui le Hellfest a fait don d'un million d'euros en 2024. Leurs actions, menées avec bon nombre de groupes, sont légion, avec par exemple Skáld, comme entendu lors de l'interview.
Les festivalier·ères ont également la possibilité de faire des dons, directement en cashless, à des associations triées sur le volet comme « Ô ma vie », basée à Vertou, qui réalise les rêves des enfants malades.
Vendredi
Si l'on m'avait dit que j'allais attaquer mon vendredi matin avec du Black Metal pur jus à onze heures tapantes, après m'être couchée à trois heures du matin, j'aurais probablement grincé des dents. Soyons honnêtes : sur le papier, le combo manque de sommeil et la noirceur absolue des paroles s'annonçaient rudes. Contre toute attente, ce réveil brutal signé Mourir s'est transformé en une excellente surprise.
Le groupe français livre une performance remarquable, portée par une très belle prestance scénique. Certes, le set est plutôt court, mais il suffi amplement à installer une ambiance lourde et captivante qui réveille les neurones des festivalier·ères matinales·aux. Autour de moi, les visages sont conquis et le public passe visiblement un très bon moment, trouvant dans cette noirceur sonore une étrange source d'énergie pour lancer la journée.
S'en est suivie une interview dans la joie et la bonne humeur (chose rare avec les groupes de Black Metal), un bon moyen de les découvrir.
Avant de me glisser devant la scène, l'appareil photo à la main pour immortaliser le set, je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec Point Mort. J’en avais entendu beaucoup de bien, et pour le coup, je ne pouvais pas rêver mieux comme conditions pour les découvrir.Dès l'instant où le groupe investi l'espace, les yeux se rives sur Sampriti Pillay, la chanteuse. C’est simple, elle nous hypnotise·es littéralement. Sa voix passe par des contrastes saisissants, mais c’est aussi et surtout sa présence physique et son aisance scénique qui coupent le souffle. Pour la photographe que je suis, capturer ses expressions et son intensité à travers l'objectif est un pur bonheur visuel.
Côté public, l’alchimie fonctionne instantanément. La fosse est à fond, l'énergie circulait à toute vitesse et les sourires sont sur tous les visages. Une superbe découverte visuelle et sonore à côté de laquelle il ne fallait pas passer !
Du point de vue de l'objectif, photographier Bloodywood sur la Mainstage est une sacrée épreuve technique. La hauteur monumentale de cette scène ne facilite vraiment pas la tâche des photographes dans le pit, rendant les musiciens parfois difficiles à capter sous le bon angle. Mais s'il y a bien une chose dont je suis absolument certaine, c'est qu'ils ne passes pas inaperçus pour autant !
Dès que le groupe démarre, une énergie folle s'abat sur le Hellfest. Voir ce mélange unique de Metal moderne ultra-lourd et d'instruments traditionnels indiens (comme le dhol ou la flûte bambou) sur une scène aussi immense, c'est une bouffée d'air frais qui fait du bien. Leur originalité saute aux yeux et aux oreilles, et le public a immédiatement répondu présent.
L'histoire de Bloodywood est un vrai conte de fées moderne. À l'origine, en 2016, le groupe a commencé à faire parler de lui sur YouTube... en publiant des reprises Metal parodiques de tubes pop ou de chansons de Bollywood ! Le succès a été si fulgurant qu'ils ont décidé d'écrire leurs propres morceaux engagés (parlant de santé mentale, de politique ou de justice sociale). Aujourd'hui, ils parcourent les plus grands festivals du monde et retournent la Mainstage du Hellfest.
Malgré la frustration de ne pas pouvoir les shooter aussi facilement que je le voudrai, le spectacle visuel et sonore vaux largement le coup d'œil. Bloodywood prouve que le Metal n'a aucune frontière et que leur place sur les scènes majeures est amplement méritée !
Avant de terminer la journée en beauté, une tournée des légendes s'impose à nous.Avec en premier lieu les mythiques Sepultura. Les Brésiliens, dont la fin approche, font ici leurs adieux au public français, dans un moment fort en émotion. Dommage que les frères Cavalera (fondateurs du groupe avant de le quitter) ne soient pas présents, alors qu'ils joueront le lendemain sur cette même Mainstage (spoiler : ça n'arrivera pas).
En revanche, nous avons un grand nombre de guests sur « Kaïowas », dont les membres de Savage Lands. Pas étonnant, vu que Sepultura est parrain de l'ONG et que la défense de la biodiversité est leur cheval de bataille.
Un passage rapide devant Iron Maiden et Sabaton, et il est déjà l'heure du final.
Étant une grande fan d’Ultra Vomit, j’attendais ce concert avec impatience. Et franchement, le contrat est rempli au-delà de toutes mes espérances. Si on m’avait dit un jour que je me retrouverais au Hellfest, serrée au milieu d'une foule immense en train de hurler « COUILLES ! » à la demande des musiciens, je ne l'aurais pas cru. Et pourtant, le quatuor nantais arrive encore et toujours à nous surprendre là où on ne l'attend pas.
Ce concert est un défilé ininterrompu de blagues nulles telles que
« merci à Iron Maiden d'avoir fait notre première partie ! »
et de guests tous plus improbables les uns que les autres. On sent que le budget alloué à la déconne pure a été explosé, et le public l’a reçu cinq sur cinq. C’était un savoureux mélange de rires, de gros riffs et de convivialité. Voir toute la Mainstage se prendre par les épaules pour chanter à l'unisson, ça fait chaud au cœur. S'il y a bien un concert qui rapproche les festivalier·ères dans une communion mémorable (et un peu stupide, avouons-le), c'est celui-ci.
Ultra Vomit et le Hellfest, c'est une grande histoire d'amour... locale ! Originaires de Nantes, les membres du groupe jouent presque à domicile en venant à Clisson. Ils détiennent d'ailleurs une sorte de record de fréquentation de la Mainstage : en 2019, leur concert à 17h avait attiré une foule tellement gigantesque qu'elle rivalisait avec les têtes d'affiche du soir.
Mention honorable au bouquet final du concert de cette édition : un immense feu d’artifice tiré pendant leur traditionnel morceau de fermeture « A.N.U.S ». Allégorie d’une explosion libératrice ou métaphore de merde ? Le mystère reste entier. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que ce show grandiose et complètement loufoque est l'un des événements absolument immanquables de cette édition !
Le Off
Les deux choses qui nous ont surpris ce vendredi, c'est d'abord la présence du député vert de Dordogne Sébastien Peytavie (premier député en fauteuil roulant), venu vanter l'action du Hellfest dans l’accueil des personnes en situation de handicap (accueil salué depuis déjà plusieurs années par les personnes concernées).
L'autre chose, c'est lorsque nous avons appris le changement de statut du Hellfest, qui bascule d'association à entreprise.Qu'est-ce que ça pourrait changer concrètement ? Peut-être une plus grande visibilité des mécènes, des publicités sur le site, un impact sur le prix du billet, la rémunération d’actionnaires... ?
Ce qui est sûr, c'est qu'il y aura une nouveauté pour les bénévoles.En effet, impossible pour l'entreprise d'avoir des bénévoles en contact avec l'argent des festivalier·ères. C'est donc 6 000 ex-bénévoles qui vont devenir salarié·es le temps du Hellfest.
À voir ce que ça change au final, on est plus sur de la régulation juridique.Wait and see.
Samedi
Avant d’avoir eu la chance de nous entretenir avec eux en interview un peu plus tard dans la journée, c’est avec une attention toute particulière que nous sommes allé·es nous placer devant la scène pour le set de Cold.Capsule à la Valley.
Sur scène, le groupe ne fait pas dans la demi-mesure. Leur Post-Hardcore hybride installe immédiatement une ambiance lourde et électrique. Mais au-delà de la puissance sonore et des riffs acérés, c’est leur rage viscérale qui marque les esprits. Cold.Capsule n'est pas là pour faire de la figuration ou simplement aligner des morceaux : les musiciens profite de cette tribune majeure pour délivrer un message politique fort, frontal et sans concession, rappelant à la foule que le Metal est, et doit rester, une musique de contestation et de révolte.
2 concerts de Cold.Capsule et nous n'en avons pas assez puisque nous retrouvons Amaury (à la guitare et au chant) en interview.
« L'art c'est politique, non à l'extrême droite, non à toutes les formes de fascisme, toutes les identités sont belles, soyez fier·ère d'être qui vous êtes ! »
D'un groupe engagé à un autre, nous retrouvons Sidilarsen sur la Mainstage. Le groupe, à l'énergie toujours intacte et revendicatrice, enflamme le public malgré la chaleur, brandissant les messages «NO RN» et «Rage Against The Fascism». Rien ne semble pouvoir les arrêter et surtout, rien ne peut empêcher le public de chanter, prenant même cinq minutes, à la fin du set, pour reprendre en chœur les paroles du morceau « des Milliards ».Un vrai plaisir de voir que le public est aussi réactif aux messages engagés portés par les groupes.
Et alors que John me met un tunnel sur Sidilarsen, je le quitte pour retrouver les Portugais de Gaerea et leur Black Metal unique.Une découverte incroyable et une présence envoûtante, malheureusement la chaleur me fatigue et je rate la fin du set.
Ce n'est que partie remise.
Annulations :
Nous arrivons au moment compliqué où les annulations chamboulent nos plannings de concerts et d'interviews.
Car tour à tour, d'abord Tom Morello, puis les frères Cavalera annulent leur venue à peine quelques heures avant leur passage.Pour ces derniers, il s'agit d'une occasion manqué de rendre hommage au légendaire album « Chaos A.D. », dû à un accident de bus. Heureusement, il n'y eut aucun blessé.
« Nous sommes extrêmement reconnaissants envers notre chauffeur, dont les réflexes ont permis d’éviter ce qui aurait pu être un accident mortel. Le groupe est dévasté de ne pas pouvoir présenter Chaos A.D. à ce grand festival et aux fans français. »
S’il y avait bien un concert à ne pas louper lors de ce samedi après-midi sur la Mainstage, c’est le passage d’Enhancer. Vingt-cinq ans après la sortie de leur premier album, les patrons du Nu Metal français prouve qu'il n'ont absolument rien perdu de leur rage, de leur énergie, ni de leur capacité à foutre le bordel. Dès les premières secondes, une décharge d'énergie s'est abattue sur le Hellfest.
Le concert a rapidement pris des allures de fête de famille géante car, fidèle à sa réputation, le groupe ne s’est pas déplacé seul et nous a offert un défilé de guests totalement dingue, ils se sont notamment présentés aux côtés de JoeyStarr en personne. Rien que ça !Sur scène, le groupe donne tout, sautant partout et haranguant une foule qui a instantanément répondu présente.
Avec tous ces changements de programme, nous retrouvons le groupe très fatigué, seulement 30 minutes après la fin du concert, aux côtés de nos collègues d'autres médias, mais c'est enfin notre tour de les avoir en interview.
S’il y avait bien un groupe attendu au tournant pour retourner le festival, c’était Limp Bizkit. Dès que les premières notes ont résonné, la Mainstage a instantanément basculé dans une autre dimension. En l’espace de quelques secondes, la fosse se transforme en une marée humaine survoltée, prête à sauter à l'unisson sur les hymnes qui ont défini toute une génération.
Fred Durst arrive sur scène avec cette énergie puissante qui le caractérise, habillé comme s'il allait faire ses courses le dimanche, mais avec un magnétisme et une maîtrise de la foule qui forcent le respect. À ses côtés, le guitariste Wes Borland arbore une fois de plus un look visuel dingue et hypnotique, contrastant à merveille avec le côté « skateur de 50 ans » de son acolyte. Le combo fonctionne toujours à la perfection, et l'énergie balancée depuis la scène est contagieuse.
Limp Bizkit a toujours eu un sens de l'autodérision très poussé pour désamorcer les critiques. Depuis quelques années, Fred Durst s'amuse à changer radicalement de look à chaque tournée : il arbore régulièrement des tenues totalement improbables sur scène. Une manière de rappeler que malgré la puissance de leurs riffs, le mot d'ordre du groupe reste le fun absolu.
Le set est un enchaînement ininterrompu de classiques ravageurs : de « Rollin' » à « My Way », en passant par l'incontournable « Break Stuff » qui provoque des vagues de crowdsurfing à perte de vue. Le public, pourtant épuisé par les journées de festival, trouve un second souffle inespéré pour hurler chaque refrain.
Après la touche de nostalgie, place à la noirceur avec les parrains du Death Metal : Deicide. Autant dire qu'en arrivant devant la scène, on sait pertinemment qu'on ne vient pas pour rigoler. Le quatuor est venu faire ce qu'il fait de mieux depuis plus de trente ans : délivrer une déflagration sonore, lourde, rapide et blasphématoire.
Dès les premiers morceaux, le ton est donné : pas de décors superflus, juste une avalanche de riffs acérés, une batterie qui martèle les tympans à un rythme infernal et, bien sûr, la voix d’outre-tombe de Glen Benton. Le public de puristes est aux anges, réuni dans une fosse compacte où les circle pits furieux s'enchaînes sans interruption sous une chaleur qui rend l'atmosphère presque étouffante, parfaite pour l'ambiance infernale du set.
Ce qui est intéressant à savoir, c’est que Glen Benton est l'une des figures les plus controversées et fascinantes de l'histoire du Metal extrême. Connu pour ses positions anti-chrétiennes radicales, il s'est carrément fait marquer au fer rouge une croix inversée sur le front au début des années 90. À l'époque, il affirmait partout en interview qu'il se suiciderait à l'âge de 33 ans pour mourir au même âge que le Christ. Bon, aujourd'hui, à près de 60 ans, il est heureusement toujours là pour hanter les scènes du monde entier et sa rage n'a pas pris une seule ride.
Le concert n'est pas encore terminé que John m'abandonne, direction la Valley, pour les Suédois de Cult of Luna, qui ont offert une prestation sombre, sobre et oppressante.
Le groupe, qui a annoncé son dixième album « In The Shadow Of Your Shadow » pour le 6 novembre, sur lequel nous retrouverons Joe Duplantier de Gojira, nous permet de terminer cette journée dans une atmosphère envoûtante.
Le Off
Certes, nous avons manqué Megadeth, il s'agissait pourtant de la dernière date en France pour le groupe, dans le cadre de leur tournée d'adieu, poussée par les soucis de santé de Dave Mustaine.
Mais nous étions trop préoccupés par une rumeur qui s'est propagée comme une traînée de poudre :Le site du camping va changer de place en 2027 !
Alors non, il s'agit bien d'une simple rumeur démentie par Ben Barbaud lui-même :
Il n’y a jamais eu de réflexion d’un possible déplacement du camping. C’est suite à une mauvaise discussion avec les riverains avec qui je suis totalement transparent. Le camping ne sera pas à 4 km d’ici, ce n’est pas jouable.
Alors même que le démenti est arrivé rapidement, trop tard ! Les festivaliers avaient déjà lancé une pétition pour garder leur camping, qui a réussi à atteindre plus de 1 000 signatures.
Heureusement, plus de peur que de mal.
Dimanche
Après un enchaînement de journées intenses et de nuits bien trop courtes, le réveil du dimanche matin pique un peu pour tout le monde au Hellfest. Heureusement, la programmation avait prévu le remède idéal pour secouer les derniers festivalier·ères léthargiques : la tornade brésilienne Karen Dió. Autant dire que son set a agi comme un shot de caféine pure, direct dans les veines.
Sur scène, Karen Dió dégage une authenticité folle. Pas d'artifices : ça joue vite, ça joue fort, et sa voix écorchée rappelle instantanément la scène riot grrrl et les meilleures heures des années 90. La fosse, bien que fatiguée par les trois jours précédents, se réveille très vite pour s’ambiancer sur ses refrains accrocheurs.
Originaire de São Paulo, Karen Dió s’est fait repérer à l’international grâce à son énergie brute et ses démos enregistrées de manière DIY. Elle a rapidement tapé dans l’œil de figures majeures du punk britannique et américain, ce qui lui a permis de s’exporter sur les plus grosses scènes européennes. Le Hellfest ne s’est pas trompé en lui confiant les clés du matin pour secouer Clisson.
Ce concert est une excellente surprise pour lancer la dernière ligne droite du festival. Karen Dió livre une performance pleine de fraîcheur, de sueur et d’attitude rock’n’roll qui redonne le sourire et l’énergie nécessaire à tout le public pour le reste de la journée. Un grand bol d’air frais !
Le problème du dimanche matin, c’est qu’après 5 jours de festival tout le monde est cuit ; au sens propre puisque ce dimanche est la journée la plus chaude d’un week-end déjà caniculaire.
Mais l’avantage, c’est la certitude que les irréductibles venus voir Not Scientists sont toustes des fans qui n’auraient raté ça sous aucun prétexte.
Et on les comprend.
Not Scientists, c’est l’un de nos meilleurs représentants à l’étranger avec un Punk Rock aux multiples influences et en constante évolution.
Une tornade d’émotions positives capable de redonner le sourire à n’importe qui.
Une énergie que l’on retrouve dans notre dernière interview de cette édition.
Décidément ce dimanche sera très punk ou ne sera pas.
Place aux légendes britanniques Buzzcocks, fer de lance du mouvement Punk depuis 1975 !
Incroyable de pouvoir assister en personne à un groupe qui arpente les concerts depuis tant d’années.
Et malgré le soleil, je ne réussi pas à faire bouger John. Lorsque la chaleur fait cramer la sono sur « Ever Fallen in Love (With Someone You Shouldn’t’ve) », hymne de la communauté LGBT+, mais surtout morceau le plus connu du groupe, nous nous retrouvons sans même le son d’une guitare ou d’une batterie.
Qu’à cela ne tienne, le public se lance dans un chant A cappella !
Un moment magique et hors du temps, où des milliers de personnes chantent en chœur spontanément ce morceau dont les paroles résonnent pour tant de monde.
Ce Hellfest 2026 arrive bientôt à sa fin, nous profitons encore des performances de Pennywise, qui réussi à nous captiver alors que nous passions simplement devant, et de Three Days Grace, qui nous a donné un show incroyable (mais, il semblerait qu'ils ne veulent pas vieillir, alors que les années passent, il va falloir finir par l'admettre).
À présent il est temps de passer à notre dernier concert.
S’il y a bien un groupe qui sait comment s’approprier une Mainstage pour en faire son terrain de jeu exclusif, c’est The Hives. Les Suédois déboulent sur scène comme à leur habitude : sapés comme des princes dans leurs smokings parfaits en noir et blanc, prêts à donner une immense leçon de rock ’n’ roll. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le public du Hellfest prend une sacrée décharge électrique.
Dès les premiers morceaux, le leader Pelle Almqvist prouve qu’il reste l’un des meilleurs frontmen de la planète. Courant partout, sautant des amplis, haranguant la foule dans un français impeccable. Entendre le chanteur hurler que The Hives est le meilleur groupe du monde tout en demandant à la foule de s’asseoir dans la poussière pour mieux sauter au signal, c’est un spectacle à part entière. À ses côtés, les riffs de guitare tranchants s’enchaînent sans un temps mort.
The Hives cultive depuis ses débuts en 1993 un mythe très précis autour de sa création. Les membres du groupe affirment que toutes leurs chansons et leurs choix esthétiques sont dictés par un mystérieux personnage de l’ombre nommé Randy Fitzsimmons. Bien que les journalistes rock aient mené l’enquête pendant des décennies pour prouver que cet homme n’existe pas et qu’il s’agit d’un pseudonyme du guitariste, le groupe continue de nier farouchement, maintenant le secret avec un sérieux imperturbable.
La fosse se transforme en un gigantesque trampoline, totalement hypnotisée par l’énergie pure et la classe folle du quintet. The Hives est venu, a vu, et a totalement conquis Clisson avec un show explosif, visuel et d’une efficacité redoutable !
Le Off
Cette journée du dimanche fut difficile tant la canicule que nous avions plus ou moins esquivée les premiers jours nous a rattrapé·es.
Et avec ça les restrictions : annulation du traditionnel feu d’artifice et limitation de l’alcool, avec un demi de bière par personne et plus aucun alcool fort.
La sécurité des festivalier·ères devient une priorité dans ces conditions extrêmes que ne renierait pas l’enfer lui-même.
En Définitive :
Nous terminons ce Hellfest sur une note très positive.
Outre les concerts mémorables, les interviews de personnes adorables et humaines et une ambiance générale au beau fixe, une chose qui nous a fait du bien (enfin surtout à John qui a plus l’habitude) c’est de pouvoir se balader entre les scènes sans avoir à se demander si tel groupe a des accointances avec des idéologies nazies, si tel musicien est accusé de viol, ou si celui-là n’a pas commis de crime homophobe.
Depuis des années le Hellfest fait des sauts de puce pour parfois faire des pas en arrière.
Mais cette année la consigne était donnée par Ben Barbaud :
qu’aucun nom ne ferait polémique
Même si tout n'est pas parfait, force est de constater qu’il y a du mieux. Espérons qu’il s’agisse ici d’un grand bond en avant, et pas d’un « one shot ».
Car l’année prochaine il s’agit des 20 ans du Hellfest, et pour le coup le festival a vu large : 4 nouvelles scènes (ce qui donne un total de 10 sur le site principal) et un passage de 180 à 300 groupes.
Nous pouvons souhaiter au Hellfest de réaliser ses objectifs en matière d’agrandissement et de projets, mais nous souhaitons surtout que la direction du festival continue d’avancer sur des engagements sociaux, écologiques et humains.
Encore un effort et nous pourrons être fier·ères d’aller au Hellfest les yeux fermés.
Dans tous les cas Iron Malt sera présent l’année prochaine pour vous tenir au courant.
Mais quand même…… on aurait pu se passer de Phil Anselmo.
Live Report - Photo - Technique : Loanne
Interview - Montage - Article : John