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[CULTURE A GENOUX] Le ras-le-bol des salles de concerts
Alors qu’aucune date de ré-ouverture n’est officiellement annoncée, Stereolux maintient sa fermeture jusqu’au 1er mars 2021. Entretien avec son directeur, Eric Boistard.

Vendredi dernier, Prun’ recevait dans l’émission Curiocité Eric Boistard, directeur de Stereolux, scène musiques actuelles de Nantes, qui a d’ores et déjà annoncé garder porte close jusqu’au 1er mars 2021.

Le ras le bol des acteur·ice·s de la culture
Interview aux côtés d'Eric Boistard, directeur de Stereolux

Une méconnaissance gouvernementale du travail des acteurs du secteur

A l’heure où Eric Boistard s’entretient à nos micros, les structures culturelles n’ont en effet toujours aucune information de la part du gouvernement sur le fait de pouvoir ré-ouvrir au public à partir du 1er février, comme cela avait été envisagé par le Premier Ministre Jean Castex, lors de sa conférence de presse du 7 janvier dernier.

Personnellement en colère, Eric Boistard nous confie le ras-le-bol général des scènes de musiques actuelles et des structures culturelles concernant les délais de prévenance de maintien de fermeture beaucoup trop courts annoncés jusqu’ici par le gouvernement.

On a l’impression d’être une variable d’ajustement médiatique

Il apparaît illogique que l’intégralité du secteur culturel demeure bouclé de manière unilatérale, quand, à ce jour, aucun cluster n’a été détecté après la tenue d’un événement culturel en France, et les structures culturelles elles-mêmes ont mis en place des protocoles sanitaires strictes dès leur partielle ré-ouverture durant l’été 2020. Eric Boistard s’inquiète du regard détaché que semble porter le gouvernement sur les secteurs qui ne fonctionnent pas sur un consumérisme classique.

La nécessité d’un délai de prévenance allongé pour s’organiser et faire vivre la culture sous des formes alternatives

Depuis presque un an, les acteur·ice·s culturelles travaillent à faire pour défaire. La programmation des salles de concerts et de spectacles ne peut pas être organisée à vue sur dix jours. Annuler une date nécessite autant de temps de travail que de l’organiser, et les délais de prévenance trop courts empêchent les structures de s’organiser pour mettre en place des solutions artistiques alternatives.

Les salles appellent désormais à un délai de prévenance d’au moins deux mois afin d’avoir le temps d’organiser les annulations, et de permettre la mise en place de solutions artistiques alternatives. La volonté est en effet de toucher les publics d’une autre manière notamment en proposant des lives à distance, ou des ateliers jeunes publics dans les écoles. Les lieux sont également mis à disposition des artistes pour des résidences ou pour des spectacles à huis clos à destination des professionnel·le·s du secteur.

Quasiment un an après le premier confinement due au covid-19 en France, qui a creusé les inégalités sociales et économiques sans précédents, il apparaît plus qu'important de préserver les espaces de réflexions, de créations, et de rencontres accessibles à tou·te·s. Un appel à performer et à déambuler dans les rues de Nantes est organisé le samedi 13 février prochain, à 14h au Miroir d'Eau. L'occasion de se ressaisir de l'article 27 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme qui donne droit à toute personne "de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent".

L'événement est à retrouver ici.


Une interview réalisée par Charline Peres, dans le cadre de Curiocité.

Crédits photos : Guillaume Marmin, pour "1.3 seconde", exposition de Stereolux en septembre 2020.

Publié le
Un article réalisé par : Élisabeth Carré
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