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[TRAVAIL ET SOCIÉTÉ] Travailler moins, une solution pour l'avenir ?
Mercredi 9 février, Curiocité a reçu Matthieu Fleurance du collectif Travailler Moins. Ce dernier nous parle des bienfaits de la réduction du temps de travail, à la fois sur la santé et l'environnement.
Interview de Matthieu Fleurance
Représentant du collectif Travailler Moins

Travailler moins pour mieux s'épanouir

C'est ce que nous propose Matthieu Fleurance et son collectif Travailler Moins, qui s'oppose fermement à la classification d'un·e individu·e dans notre société par rapport au travail qu'iel exerce.

Retrouver du temps libre pour prendre du recul sur le travail en lui même, et apprendre à se connaître. — Matthieu Fleurance

Qu'elles soient familiales, institutionnelles ou financières, nombreuses sont les pressions qui nous poussent à travailler, parfois au détriment de notre santé physique et mentale. C'est en toute logique que réduire notre charge de travail allégerait notre chère anxiété, mais pas seulement.

Une initiative pour la planète

Il faut comprendre le lien entre réduction du temps de travail et l'écologie.
—Matthieu Fleurance

Le constat est simple, en travaillant moins, nous produisons moins de biens et de services, et ainsi nous polluons moins. Avoir plus de temps nous permettrait également de réaménager plus facilement nos modes de vie et de consommation, en achetant par exemple moins de produits finis au profit du fait maison, en se déplaçant à pied ou à vélo... Ce concept porte un nom, celui de la décroissance, et il est au centre de nombreux débats écologiques de ces dernières années, porté dernièrement par des personnalités politiques telles que Delphine Batho ou Sandrine Rousseau du parti Europe Écologie-Les Verts.

Vers une semaine de 4 jours ?

En 2022, un nouveau projet a vu le jour en Espagne, 200 entreprises ont adopté un système basé sur 4 jours de travail, pour un total de 32 heures par semaine, sans baisse de salaire.

Pour certain·e·s dirigeant·e·s de grandes entreprises, le bilan est très positif. Cette réforme est synonyme de bien-être au travail, ce qui améliore la qualité de production, et réduit le taux d'absentéisme.

De l'autre côté, les PME s'y retrouvent difficilement, et doivent augmenter leur charge salariale, ou le prix des produits et services qu'elles proposent.

Pour faire face à ces difficultés, les prôneur·e·s de cette réforme mettent en avant la nécessité de revoir la vision du travail dans son ensemble. L'arrivée des nouvelles technologies a grandement augmenté la productivité dans le monde du travail, et c'est à travers cet axe qu'il faudrait repenser nos systèmes de fonctionnement, et ainsi libérer du temps pour les employé·e·s.

Vivre en gagnant moins

C'est bien beau tout ça, mais comment faire si je souhaite réduire mon temps de travail dès aujourd'hui ? Matthieu Fleurance nous rappelle que seule une partie des travailleur·euse·s peut se permettre de sacrifier une partie de son salaire en conservant son mode de vie actuel.

Il y a diverses pressions, tout d'abord la pression familiale (...), institutionnelle, et globalement les politiques qui vous font passer pour un·e tricheur·se lorsque vous travaillez moins, et bien entendu la pression financière.
—Matthieu Fleurance

Le collectif nous invite cependant à revoir notre manière de consommer, en s'éloignant de l'individualisme et du matérialisme, pour favoriser le collectif. Prendre le temps d'apprendre à faire, de partager nos connaissances et d'agir en groupe, nous permettant ainsi de nous découvrir, nous et les autres.


Une interview réalisée par Sarah Bonaqué

Un article rédigé par Julien Garafan

Photo de Une : Collectif Travailler moins

Publié le
Un article réalisé par : Volontaire en com' et vie associative
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