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mardi 17 août 2010 par Mathilde

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RTR Fm Radio alternative en Australie

ITW de Graeme Watson, directeur d'RTR Fm


Image de RTR Fm Radio alternative en Australie

RTR Fm est la toute première radio née il y a maintenant 32 ans, dans la ville de Perth, principale métropole de la côte ouest Australienne, totalisant une population équivalente à 1 500 000 habitants. Elle n’est pas s’en rappeler une certaine radio que nous chérissons tant depuis maintenant 10 ans : Radio Prun’. Tout d’abord RTR Fm diffuse sur le 92.10 Fm en Australie, coïncidence ? Elle partage le même dévouement pour la découverte musicale et le sens de la nouveauté ! Très active localement, elle est devenue un des principaux médias alternatifs et relais de la vie culturelle dans le Western Australia. Rencontre avec Graeme Watson, directeur de la radio RTR Fm :

 

Pouvez-vous vous présenter, la radio RTR Fm, son histoire, ses objectifs ?

Nous avons en Australie 3 secteurs dans l’industrie de la radio: commercial, gouvernemental et communautaire. Les radios communautaires telles que RTR Fm sont dirigés par des gens de tous les jours et sont souvent composées de bénévoles. Notre station a débuté en 1978 faisant partie intégrante de l’Université du Western Australia. En 1992, l’Université a décidé de ne pas continuer l’aventure et le financement de la station fut stoppé. Les bénévoles se sont ligués et ont formé leur propre structure afin de reprendre le cours de la radio.

Notre compagnie s’est appelé alors « Arts Radio Ltd » et notre mission est de mettre en évidence notre communauté artistique et notre vie culturelle, diffuser la musique locale, underground et alternative qui ne peut être entendu sur les radios commerciales, ainsi que les histoires non couvertes par les principaux médias de flux. Notre station s’appelle maintenant RTR Fm, ces initiales provenant de la phonétique  du mot « Art-ier ».

En 2005 nous avons déplacé nos locaux du campus de l’Université pour s’installer à Mount Lawley, le cœur de la vie culturelle de Perth.  

 

A combien de km à la ronde émettez-vous dans la région du Western Australia?

Nous diffusons sur la bande Fm dans la plus part de la métropole de Perth. En décembre 2010, nous commencerons simultanément notre passage à la radio numérique. Nous avons beaucoup d’auditeurs qui nous écoutent via notre site web. Nos auditeurs viennent de tout le Western Australia, en plus des gens qui nous écoutent à travers le monde en streaming.

Perth est vraiment une ville très étendue, avec une des densités les plus faible au monde. La plupart des maisons ont leur histoire, de grandes battisses avec des jardins spacieux. Pour cela, Perth a énormément de quartiers résidentiels. Pour aller d’un bout à l’autre du Western Australia, il te faudrait 4 jours. C’est un gigantesque territoire !

 

Une de vos priorités est de promouvoir les arts & la culture sur Perth et ses alentours. Souhaitez-vous obtenir à la longue une ampleur nationale, une fréquence plus large en Australie ?

La radio commerciale en Australie se dirige de plus en plus vers une diffusion nationale. Nous sommes heureux d’être centrés sur une communauté locale, notre différence est notre force. Beaucoup de notre information diffusée porte sur les évènements que tu peux aller voir, des expositions du moment, des groupes qui jouent le soir même… Si nous diffusions nationalement, nous perdrions ce créneau médiatique parce qu’un groupe  jouant sur un côté du pays n’intéresserait évidemment pas l’autre partie du territoire. Souviens-toi, c’est un grand pays, il y a 4 heures de vol en avion pour atteindre l’autre côté de l’Australie !

Nous pouvons regarder par la fenêtre et dire que c’est une journée ensoleillée, les radios nationales ne peuvent faire cela parce que cela mettrait en évidence que le présentateur se trouve dans une ville totalement différente que celle de l’auditeur, laissant ce dernier dans une situation d’incompréhension.

 

Vous vous qualifier comme diffuseur du « son alternatif ». Qu’elle est votre définition du celui-ci et qu’est ce qui vous motive à diffuser ces formes musicales ?

C’est un genre inhabituel que tu définies par toi-même comme l’alternative à tout autre chose, mais c’est un travail pour nous. Nous sommes toujours à la recherche de nouveaux groupes, de nouvelles musiques, de nouveaux sons. Nous supposons que si tu peux entendre un groupe jouer sur une autre radio, il est temps pour nous de trouver quelque chose de plus nouveau et étrange. Il y a une grande compétition spirituelle parmi nos animateurs dans la recherche de nouvelles musiques. 

Nous connaissons tous beaucoup de techniques pour dégoter de bons titres, cela peut-être certains sites Internet, des contacts dans d’autres villes qui nous informent à propos de ce qui est intéressant en ce moment ou encore des groupes qui viennent vers nous pour nous présenter leur dernière sortie, leurs nouveaux sons. Nous gardons un œil sur les différentes salles de concerts et leur programmation, dans les villes et à travers le monde. Nous diffusons une large variété de musiques. L’African Rock est vraiment populaire en ce moment, le Dubstep et le Glow-Fi, l’esperimental jazz ou encore le Psychadelica.

Il y a aussi une grande tradition de diffuser de longs morceaux sur RTR Fm, certains pouvant durer 20 min et même parfois 45 min. Les radios commerciales ne peuvent jouer cette musique.

La scène musicale sur Perth est vraiment pleine de vie, certains des groupes à succès ici sont Sugar Army, Tame Impala, Eskimo Joe, Jebediah et des groupes moins récents tel que The Triffids. Nous diffusons environ 15% de musiques locales.

 

Comment est structurée RTR Fm? En association ? Combien de salariés disposez-vous et quel est leur rôle au sein de la radio ?

Nous sommes une compagnie non lucrative. Nous avons 7 employés et 250 bénévoles.

Notre équipe est composée de moi-même, directeur d’RTR Fm, d’Eloise notre chargé d’administration, de deux responsables des sponsors et partenaires qui demandent aux entreprises des donations pour la radio afin de nous aider à payer nos factures (nous les promouvons en retour). Nous avons également deux responsables des programmes qui animent également notre émission matinale, un programmateur musical et un chargé à la production. Enfin, nous avons un technicien à mi-temps.


Quelles sont vos sources de financement ? Avez-vous recours à la publicité à l’antenne ?

Nous avons l’autorisation de diffuser 5 minutes d’annonces par heure pour nos sponsors. Nous demandons aussi à nos écouteurs de devenir abonnés pour une année. Nous organisons beaucoup d’évènements afin de rassembler de l’argent pour le fonctionnement d’RTR Fm. 

 

Beaucoup de bénévoles participent à la vie de la radio pour animer les 49 programmes qui composent votre grille hebdomadaire. Comment peut-on participer à la vie de la radio, il y a-t-il des compétences requises ?

Nous enseignons comment présenter une émission et comment la produire. Nous sommes très ouverts et facilement abordables. Nous encourageons tous les jours des personnes à venir s’impliquer dans la vie de la radio. 

 

Organisez-vous des soirées au nom de la radio, notamment pour promouvoir des artistes/Djs intérieurs et extérieurs à la radio ?

Nous organisons 12 évènements chaque année. Les plus importants sont « In The Pines », un concert rock où 20 groupes viennent jouer et qui rassemble environ 1 000 personnes. Nous avons des Djs qui jouent au Parc du «  Seriously Sound System » et qui attire également près de 1 000 spectateurs. Nous faisons de plus petits évènements avec des performances dans différents genres musicaux tel que le Jazz, Dubstep, Heavy Metal. Les artistes qui participent à nos manifestations sont impliqués dans la vie de la radio, d’autres sont des Djs et musiciens locaux qui donnent généreusement de leur temps.

 

Vous utilisez votre site Internet, très complet, comme un outil à part entière de communication et de promotion de la vie culturelle de Perth et sa région. Pourquoi cette démarche et quels sont les avantages que vous en tirez ?

Je ne pense pas que tu peux avoir une présence sur un seul type de media en 2010. La diffusion sur la bande Fm est notre principal créneau de communication, mais nous avons également notre site Internet, notre page Facebook, un compte Twitter et Flickr…

Notre site web est aussi une archive de notre travail, tu peux réécouter n’importe quelles émissions sur ces quatre dernières années passées, lire des interviews et autres reportages. Plus tard dans l’année, nous allons relancer totalement notre site Internet, avançant ainsi d’un nouveau niveau.

 

Comment est structuré le système radiophonique nationale en Australie ? Qui gère et coordonne celui-ci et quelle est la législation en rigueur pour des radios telles que RTR Fm ?

The Australian Communications Media Authority (ACMA) est le corps gouvernemental radiophonique en Australie. Il y a aussi des fédérations comme la « Community Broadcasting Association of Australia (CBAA) qui représente le secteur des radios communautaires. L’ « Australian Phonographic Recording Asssociation (APRA) représente qu’en à lui les musiciens.  


Existe-t-il des fédérations de radios alternatives ou autres en Australie ?

“The CBAA” est la principale organisation fédératrice entre les radios communautaires de tout genre. Nous échangeons beaucoup avec différentes stations similaires à nous et originaires de d’autres villes telles que 4ZZZ à Brisbane, PBS et 3RRR à Melbourne, FBI à Sydney et Radio Adélaïde.


Evoquez-vous actuellement le passage à la radio numérique ?

C’est un grand pas vers l’inconnu sur ce point ! Nous commencerons la diffusion numérique en décembre de cette année. A ce jour, seulement 100 000 postes numériques ont été vendus en Australie, donc c’est une minuscule audience. Personne n’a encore trouvé un modèle rentable commercialement parlant en Australie pour la radio numérique ; comment faire pour que cela soit financièrement viable sur la durée ?

Je pense qu’il y a vraiment certaines opportunités possibles en matière de création, différentes voies de diffusion, mais ceci ne se limite pas simplement à la radio numérique, la radio en ligne est aussi une sphère fascinante. Je pense tout de même que le numérique sera également un grand espace pour prendre des risques et pour la créativité.


Accueillez-vous des stagiaires au sein de la radio pour réaliser différentes missions ? Si oui, avez-vous déjà pris des stagiaires étrangers ?

Nous n’avons jamais eu l’occasion de prendre des stagiaires étrangers probablement à cause du nombre important de CV que nous recevons.


Dans un avenir futur, que penseriez-vous de l’idée de créer un partenariat quelconque avec une radio étrangère qui suit les mêmes objectifs que vous telle que Radio Prun’ ?

La radio créé tout un ensemble de connections avec la communauté et aide notre audience à obtenir un sens pour s’adapter dans le monde. Je pense qu’entendre une radio originaire de l’autre côté du globe est tout simplement incroyable. Cela t’expose à des choses que tu ne connais pas du tout ou bien,  alternativement te montre que des gens à l’autre bout du monde sont fascinés par les mêmes challenges et questions que nous. Donc, pourquoi pas !

 

http://www.rtrfm.com.au/

 

Propos rapportés d'Australie par Josselin Couteau

 

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