vendredi 01 juin 2012, 19:17:34

Jusqu'au 26 juin 2011, les archives départementales de Nantes présentent une exposition autour du procès des insurgés de Cayenne, événement judiciaire qui a eu lieu à Nantes en 1931. Du 9 au 21 mars 1931, la cours d'assises de Nantes est le théâtre d'un procès exceptionnel. 14 guyanais sont accusés de meurtres et de pillages en bande commis à Cayenne en août 1928. L'évènement se situe après la mort suspecte de Jean Galmot, un ancien député de Guyane. Inculpés, ils sont transportés en métropole « pour cause de sûreté publique » et passent de longs mois à la maison d'arrêt de Nantes, le temps d'une instruction judiciaire lente et minutieuse. Après deux semaines de débats passionnés, les jurés prononcent l'acquittement des accusés.
Ce procès marque une étape importante dans l'histoire coloniale française. Présentés d'abord comme des criminels, les Guyanais deviennent peu à peu des citoyens à qui on a volé leurs droits. Un basculement s'opère entre les représentations qu'avaient les Nantais du « monde noir », et les perceptions réelles. Le procès va alors se transformer en un véritable jugement de la politique coloniale. Plus d'une centaine de pièces d'archives, des photographies, de correspondances des prisonniers, d'objets évocateurs du monde carcéral permettront au public de suivre le déroulement de cette histoire. L'exposition puise dans les fonds judiciaires et iconographiques des archives départementales pour nous présenter cette affaire historique. De plus, l'audiovisuel est utilisé comme support de visite avec notamment la création d'un court-métrage relatant les 12 jours de l'audience à la manière des actualités filmées de l'époque. Un diaporama vidéo sur la Guyane au XXème siècle est également proposé. Au delà de l'exposition, une programmation diversifiée est offerte au public. Un colloque organisé en avril porte sur le thème: « Quand l'injustice crée le droit: le procès des insurgés de Cayenne ». En partenariat avec l'université de Nantes, ce colloque prolongera la réflexion sur la légitimité de la révolte face à l'injustice. Il sera mené par l'historien André Bendjebbar, spécialiste de l'époque coloniale. Un concert de musique aléké ainsi qu'un cycle de projections cinématographiques autour de la Guyane, permettront une approche plus ludique et originale.
Au micro de Pauline Petit, Yannick Le Beaupin, vice présidente à la culture et au patrimoine au Conseil Général de Loire-Atlantique :