vendredi 10 février 2012, 01:17:52

Il y eu la volonté politique, des échanges houleux et des débats d’idées mais en filigrane, l’ambition de dépasser l’Histoire.
Nantes, fut du 17e au milieu du 19e siècle, le premier port négrier de France. L’ancienne capitale négrière a ainsi fondé sa suprématie sur ce statut. Et durant plus de trois siècles, cargaisons de marchandises furent ainsi échangés contre des millions de captifs, vendus puis réduits à l’état de servitude sur le continent américain. Ce trafic a longtemps garanti la prospérité des colons planteurs de canne à sucre ou de coton et contribué ainsi à l’essor de l’ensemble de l’économie occidentale. 4100 expéditions négrières sont parties de France, près de la moitié de Nantes.
Regard sur un passé négrier
Fort de son histoire, Nantes adopte le projet d’édification d’un monument sur le quai de la Fosse. Le principe est adopté en conseil municipal lors du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en 1998. Le comité de pilotage lancé en 2001 statut et retient le projet de l’artiste Krzysztof Wodiczko, engagé et reconnu pour ses réalisations qui invitent à la prise de conscience. Projet artistique, projet urbain et éminemment politique, le mémorial de Nantes se veut construit autour d’un parcours commémoratif entre la passerelle Victor Schœlcher et le Pont Anne de Bretagne, face au Palais de Justice. Une esplanade piétonne de 6800 m2 et près de 2 000 plaques viendront commémorer les expéditions négrières françaises comportant le nom des navires de traite partis de ports français.
Accessible par escalier ou ascenseur, un passage sous le quai, longera des plaques de verre sur lesquelles seront gravés des textes liés à l'abolition de l'esclavage. Une salle d'exposition d'environ 40 m² attendra les visiteurs en sous-sol.

Le mémorial est actuellement en construction, il ouvrira au public en septembre 2011.
Au micro de Mathilde Chevré :
Octave Cestor, conseiller municipal de Nantes
Yannick Guin, vice-président de Nantes Métropole en charge de l'enseignement supérieur et de la recherche
Marie-Hélène Jouzeau, directrice du patrimoine de la ville