vendredi 01 juin 2012, 14:27:47

KILL THE DJ
Le 6 avril dernier sortait le deuxième album de Chloé "One In Other" sur Kill The DJ.
Un album très attendu après un excellent premier opus « The Waiting Room » qui était sorti en 2007, toujours sur Kill The DJ.
C'est donc l'occasion rêvée de vous parler un peu plus en détail de ce label français qu'on aime beaucoup à Prun'.
Pour situer un peu le label, il faut savoir qu'il cache sous ce nom assassin les grands noms d'un électro français d'aujourd'hui reconnu pour sa non-conformité et son goût du risque.
On y retrouve en effet, et en premier lieu, un certain Joakim fort de deux albums d'exceptions, et d'une compilation de remixes.
Une musique avant-gardiste, qui ne rechigne pas à confondre les poncifs techno, un groove plutôt funky, et la musique drone ou expérimentale pour mettre à mal la facilité et désorienter l'auditeur.
Le second nom a bénéficié d'un très bon accueil critique à la sortie de son album à la fin de l'année dernière, c'est Krikor et son groupe fantôme les Dead Hillbillies.
Mélangeant balades folk, guitares garages et rythmes tirés de la techno minimale, l'album nageait dans un univers de grisaille hivernale.
On ne vous en recommandera jamais assez l'écoute.
Le troisième groupe a eu un écho certes plus mesuré, mais il marquera à jamais ceux qui les ont vu en concert au Pôle Etudiant au début de l'année 2009 ou au dernier Scopitone.
Battant, c'est leur nom, nous servait un rock minimaliste, industriel, qui rappelait sans peine les productions 80's de groupes comme Kas Product.
On pourrait aussi bien citer le grand Ivan Smagghe, fondateur du label, l'autre pilier féminin de la scène techno française Jennifer Cardini, mais encore Pilooski ou bien sûr Chloé.
Le dénominateur commun est un attrait tout particulier aux ambiances froides, brumeuses et entêtantes, avec un refus complet des objets pop ou mainstream.
Il y a un son Kill The DJ.
C'est l'affirmation, pour chacun des artistes du label, de leur identité sonore anti-pop et expérimentale, tout en privilégiant les mélanges autour de la musique électronique.
Il y a également une image Kill The DJ.
Les visuels pour les affiches de concerts ou de les pochettes des disques sont minimalistes, souvent en noir et blanc, avec une bonne place pour des phrases étonnantes et en écho avec l'image - voir le site de Kill The DJ : http://www.killthedj.com/visuals.html
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Mais d'où sort donc ce label ?
Au commencement il y avait Ivan Smagghe, un pote de Joakim, qui s'occupait de sortir sur le label de ce dernier, Tigersushi, les compils « Kill The DJ ».
Smagghe, c'est un petit génie : Major de promo à l'IEP de Paris, il sera ensuite vendeur chez le disquaire Rough Trade avec un certain Arnaud Rebotini.
Les deux fonderont plus tard le groupe Black Strobe, et Ivan Smagghe deviendra au fil des ans l'un des DJ les plus acclamés des dancefloors.
Suivant les sorties des compilations « Kill The DJ » sur Tigersushi, il montera le label du même nom, comme subdivision de la maison de Joakim.
S'en suivront les multiples sorties qu'on connait.
L'année 2009 fut d'ailleurs une année phare pour l'équipe d'Ivan Smagghe avec les sorties de Battant, de la folk sombre de Jason Edward, de Krikor, le disque de Joakim,...
La musique de Kill The DJ est risquée, prend la mode à contre-pied mais ravit toujours l'oreille curieuse.
Focus réalisé par Jean-Paul Deniaud