vendredi 10 février 2012, 02:05:16

Du 06 juin au 21 septembre, le Musée des Beaux-Arts de Nantes invite Ernesto Neto à intervenir dans le patio à l'occasion de la seconde édition d'Estuaire. L'artiste a donc réactivé et réadapté son "Léviathan Thot" [commande publique du Ministère de la Culture, installée en 2006, au Panthéon à Paris, pendant le Festival d'Automne] pour l'occasion.
Léviathan Thot devient donc A Culpa Civilizada.
Bio' en quelques mots.
Ernesto Saboia de Albuquerque Neto est né en 1964 à Rio de Janeiro (au Brésil). Artiste contemporain, il est adepte du travail sur la matière et notamment sur le plastique.
L'oeuvre de Neto a été décrite comme étant "au delà du minimalisme abstrait". Ses installations sont de vastes sculptures souples et biomorphes, mi-corporelles, mi-architecturales, qui remplissent l'espace d'exposition.
L'intérêt de ces sculptures est que les visiteurs peuvent les toucher, appuyer dessus, et même parfois marcher dessus ou les traverser. Elles sont faites d'un polyamide blanc, étirable, qui ressemble un peu à un collant.
Neto vous invite à sentir, à palper, à toucher, à ressentir en quelque sorte ses oeuvres.
Pour créer et fixer le volume de ces formes qui n'en sont pas vraiment, l'artiste les tend à travers la pièce, les remplit de polystyrène ou, parfois, d'épices odorantes.
A Culpa Civilizada.
D'abord, il faut savoir que cette œuvre reprend une grande page de l'histoire : le commerce triangulaire.
[Parenthèse historique pour ceux dont la mémoire flanche] :
C'est le processus de la traite des Noirs de la fin du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle entre la France, l'Afrique et les Antilles . Les bateaux partaient de quatre ports : La Rochelle, Bordeaux, Le Havre, et surtout Nantes (1 427 expéditions négrières de 1715 à 1789) qui fut le premier port négrier mondial au XVIIIe siècle.
Ils embarquaient des verroteries, des armes, des bijoux. Arrivés en Afrique, au Sénégal le plus souvent, les négriers échangeaient leur cargaison contre des esclaves. Le voyage se prolongeait vers les Antilles, où près de 5 000 Noirs étaient débarqués chaque année en échange de sucre, de vanille et de différents produits tropicaux, rapportés en France pour y être vendus.
Fin de la parenthèse.
Ernesto Neto, dans son oeuvre, reprend donc ce principe. En effet, sur le sol, ont été disposé plusieurs bateaux en papiers de différentes tailles, dans lesquels il a disposé différents "ingrédients". Haricots noirs pour symboliser le peuple Noir esclave, le sucre pour symboliser l'échange, et des billes de plomb ressemblant à du caviar, pour symboliser l'enrichissement des négriers, grâce à ce commerce.
Il y a un véritable jeu sur le contenant/contenu.
Ernesto Neto dit vouloir exprimer le fait de contenir quelque chose, qui a à voir avec le fait de se sentir coupable et donc de vouloir se contrôler. Et donc, en parlant du commerce triangulaire, il a forcément une énorme culpabilité selon lui, puisque les gens s'enrichissaient sur le dos des autres.
A Culpa Civilizada, c'est donc du 5 juin au 21 septembre 2009, dans le patio du Musée des Beaux Arts, à Nantes.
Exposition visible tous les jours, même le mardi pendant la période d’Estuaire, du 5 juin au 16 août.
Ouverture exceptionnelle du patio les mardis jusqu’au 16 août
(reste du Musée fermé).
Tarif réduit ce jour 2€.
Les autres jours : tarif plein 6€, tarif réduit 3€60, entrée libre pour les moins de 18 ans.
Ingrid B.