S'inscrire à la Newsletter - Recherche sur Prun' - Webmail - Se connecter

mercredi 30 mai 2012, 00:24:15

pub

Jackette live
-spacer-Prun' - On Air-spacer-

mardi 11 janvier 2011 par david

  • Feed RSS 2.0

Chronique album - Toro Y Moi

Causers of This (Carpak Records - 2010)


Image de Chronique album - Toro Y Moi

 

 

 

 

Toro Y Moi
Causers of This
(Carpak Records - 2010)

 

 

 

 

 


 

Depuis quelque temps le courant chillwave est amorcé. Il avait gagné du terrain avec Washed Out et Neon Indians, c'est avec Toro Y Moi qu'il vient renforcer son influence sur les musiques actuelles. Alors qu'est-ce que de la chillwave? Sur Internet on peut lire "Un genre de musique électronique avec un lourd accent mis sur les beats dance, les mélodies pop simples et les synthés rétros. Il y a assez souvent une manipulation du son pour faire sonner l'ensemble "plus vieux" ou psychédélique." Et la musique de Toro Y Moi entre clairement dans cette case puisqu'elle fait la part belle à cette forme de rétro futurisme pop électronique un peu naïf. Toro Y Moi est le projet de Chazwick Bundick, Chaz pour les intimes. Il est âgé de 23 ans et s'est installé en Caroline du Sud pour fuir l'agitation de New York. Précisons qu'il goûte aux saveurs de Jay Dilla et d'Animal Collective. Voilà pour le bonhomme.

 

toroymoi

 

L'album contient onze pistes. La première, Blessa, est vraiment très belle. Clairsemé de nappes de synthés psychédéliques, Blessa nous emmène incontestablement dans des abîmes aquatiques. Il est bien question de pesanteur, de fluctuations et on se laisse embarquer par le chant rêveur de Chaz. En bout de course, la chanson dégringole en une chute désenchanté qui introduit magnifiquement le deuxième morceau : Minors. Le titre démarre de manière frontale, un beat fracassant, une espèce de sample mérovingien et la voix de chaz tour à tour complainte et douce. Comme le dit ce vieux dicton, le calme survient après la tempête. Ici, loin d'apaiser nos ardeurs, il attise notre envie de se cogner au beat. La production sonore est de haute volée, tout les éléments se répondent, le tout admirablement travaillé. Toro Y Moi est un faux ingénu car même s’il se dégage une certaine fraîcheur sûrement relative à son jeune âge, il reste un technicien du son, maîtrisant parfaitement son sujet. Et puis il y a Lissoms, qui aguiche l’oreille avec ses crépitements et une voix découpée qui prépare le beat abstract électronica qui surgit avec force. Et on succombe ou non à cette avalanche sonore, cette superposition de collage ou les variations de rythmes sont le fil conducteur du morceau. C’est un peu Toro Y Moi, dans son sous-marin secret, triturant le sonar pour créer un club beat dance ou tous ses potes à tête  de poissons clown se déhanchent. Puis vient Fax Shadow, toujours abstract, avec quelques similitudes avec Jay Dilla à cause de son beat lancinant à coups de cordes et de voix saccadées. D’avantage syncopé et plus expérimental, Fax Shadow possède toujours ce psychédélisme sous-jacent, cette joie créative qui fait de Chazwick Bundick un auteur inspiré. Le retour aux 80’s s’opère avec Thanks Vision, on abordait plus haut cet aspect rétro futuriste, cette alchimie toute chillwave de remettre au goût du jour des saveurs éculées. La force de ce morceau est sa faculté à envahir progressivement notre cerveau de vapeurs psychés matinées d’électronica perchée jusqu’au final bouleversant. C’est une drogue douce qui s’infiltre et qui perd le fil de vos pensées, les rendant évanescentes. Alors Freak Love déboule et la réalité semble se détacher encore plus loin. Une des meilleures pistes de l’album. Dès les premières notes, Freak Love m’étreint les synapses. La voix de Chaz survole un beat étrange, des synthés sur une corde raide accompagnés d’un son impalpable. Il est bien question d’amour irrationnel, inconditionnel. Par conséquence, Talamak semble plus lisse mais a le mérite de laisser vagabonder notre esprit après cette claque d’amour. On peut alors traîner dans les rues heureux. 

 

L’écoute de ce Causers of This démontre un gros potentiel. Ce n’est pas l’album ultime, celui-ci étant entaché par des morceaux un peu moins convaincants comme Imprint After, You Hid ou Low Shoulders, trop plat, trop kitch à mon goût. N’en demeure pas moins, d’excellents titres (Blessa, Minors, Freak Love…). Certains diront que l’album surfe sur le courant chillwave dont la pérennité est encore incertaine. Le mieux est encore d’écouter ce disque et de vous forger un avis par vous-même.

 

Sébastien TRIBOT.

 

Share |


© '09-11 Prun' by Capripot & shift.