mercredi 30 mai 2012, 00:23:51

Caribou
Swim
(City Slang - 2010)
Dan Snaith alias Manitoba alias Caribou, s’est fait remarqué cette année en offrant sa troisième galette, Swim, en pâture aux loups avide de musique intelligente et dansante. Non ce n’est pas de l’idm ! Non ce ne sont pas non plus des comptines pop, solaire et venimeuse auxquelles, il nous avait habitués avec son opus précédent Andorra. Souvenez-vous de Melody day, que le grand journal avait contribué à faire reconnaître.
Ici, neuf pistes du tonnerre de diable. Odessa et son alchimie complexe. La chanson Sun ! Enorme coup de massue. Les machines rabâchent Sun, Sun, Sun et on chante aussi ! Il installe une boucle de synthés dès les premières secondes et la fait mué habilement, alternant les moments d’ivresse avec
ses temps forts et le calme qui survient juste après. Kaili est la migration des oiseaux l’hiver, une contradiction permanente, ou le bien-être et la révolte se côtoient. Comme à son habitude, le savant s’empare de vos jambes. Une irrésistible envie de marcher la nuit, de sourire bêtement. Alors bien sur ce n’est pas l’album parfait, même si on ne peut pas à proprement parler de fausses notes, il reste qu’il existe une certaine inégalité entre les chansons. Question de subjectivité me direz-vous ? Peut-être. Bowls, bien que terriblement bien construite, fait partie de ces chansons qui ne me transcendent pas. , Leave House, est monumentale. Un bijou d’orfèvre, confectionné avec préciosité, qui se révèle en bouche après plusieurs dégustations. Attention à ne pas se laisser désarçonner par le côté kitsch et lancinant, car il est accompagné de moment de rupture qui vous feront chanceler. Une perle ! Lalibela s’appréhende comme un interlude. Une pause bienfaitrice, une caresse tendre. Une préparation pour Jamelia, la chanson qui clôture l’album. Et qui elle, s’envole, lyrique, organique. Douloureuse et tragique, la remontée d’une nage merveilleuse, la recherche du souffle pour se maintenir en vie. En d’autres termes un rayon de soleil qui perce une couverture nuageuse opaque, l’arrivée de l’aube.
Bien que toutes les pistes révèlent un aspect différent, ces neuf chansons sont plutôt homogènes. Formant un ensemble cohérent, limpide, aquatique, mathématique ou l’on entend les cuivres vociférer. Ce qui est sur, c’est que Swim est un album aux multiples facettes… Tour à tour house, électronique voir beat-dance, il s’écoute sous la douche, au casque ou en soirée. Que demander de plus ? Surtout que sans le savoir, ces mélodies vont s’insinuer dans vos caboches, grâces à cette alchimie particulière, cette simple complexité qui lui confère une force insoupçonnable.
Chronique Disque par Sébastien TRIBOT.