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vendredi 19 mars 2010, 07:55:04

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jeudi 28 janvier 2010 par thibault

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Terra Neuvas

Chabouté


Image de Terra Neuvas

 

août 2009

Vents d'Ouest

 

Le noir vous va si bien

 

C'est en tous cas ce qu'on pourrait dire à ces pêcheurs de morues, dont Chabouté nous livre un bref mais vaste aperçu avec ce nouvel album. Au delà de la couverture, déjà magnifique, peinte dans un dégradé de couleurs grisonnantes, la première page est efficacement immersive, dans tous les sens du terme. On ne pourra sortir la tête de ce titre qu'une fois passée la déferlante.

 

L'histoire prend place dans l'univers particulièrement inhospitalier des pêcheurs de morue de Terre Neuve. Sur fond de campagne de pêche menée par la main de fer d'un capitaine colérique et alcoolique ainsi que par les intérêts d'un armateur qui face au danger brille par son absence, se met en place une intrigue tournant autour de la disparition successive de plusieurs marins de l'équipage.

 

Terra neuvas

 

Un univers violent

 

Le dessin en clair-obscure rend à la fois l'univers froid et corrosif dans lequel sont plongés ses arpenteurs des mers, mais aussi leur état d'esprit, qu'il s'agisse de la peur qu'ils éprouvent à la vue d'une tempête, de l'ébriété qui lui succède, ou encore de la violence qu'ils laissent éclater à tout instant.

Cette violence passe bien entendu par le dessin, mais aussi par les mots, et c'est là l'autre point fort de ce titre. Les dialogues sont tout simplement brillant de réalisme. Aucune mièvrerie n'a de place dans cet univers. Une langue particulière se dégage, aussi rude que gratuite. Elle lance tantôt des ordres, tantôt des injures, tantôt des insultes. Elle est le témoin, la corne de brume de la détresse de ces marins perdus entre les caprices de la mer et les objectifs de pêche imposés par l'armateur, cette figure qui plane comme un spectre au dessus du bateau.

 

Terra Neuvas

 

La mer, qu'on voit hurler

 

Chabouté nous comble encore une fois, en nous présentant ici un conte cruel qui pourrait bien rappeler quelque Maupassant (En Mer par exemple). Il se révèle néanmoins un excellent peintre de la rugosité des rapports humains, de la claustrophobie et de la peur du vide et de la mort. De ces angoissent naissent toutes les croyances et superstitions qui viennent donner aux pêcheur leur folklore, et à l'histoire sa coloration fantastique. La mer à la fois symbole de vie et de mort, se fait parfois étendue d'encre noire, parfois néant du blanc de la page.

 

 

 

[ThiBault]

 

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