S'inscrire à la Newsletter - Recherche sur Prun' - Webmail - Se connecter

jeudi 09 février 2012, 14:49:57

pub

Jackette live
-spacer-D Arcangelo - Beta Iv-spacer-

jeudi 28 janvier 2010 par redac

  • Feed RSS 2.0

La Vengeance

d'une Femme


Image de La Vengeance

de Jules Barbey d'Aurevilly
adaptation et dessins de Lilao


coll. Atmosphères
Emmanuel Proust Editions

Du libertinage le plus rose au romantisme le plus noir.

    Pour son premier album, Lilao, ce professeur d’arts plastiques et titulaire d’une maîtrise sur le dandysme nous offre la brillante adaptation d'une nouvelle de Jules Barbey d'Aurevilly, extraite de son recueil le plus connu : Les Diaboliques.
Le récit se place sous le règne de Louis-Philippe, dans un Paris obscure, celui des bouges et des faubourgs où trainent les femmes de mauvaise vie. Un jeune dandy libertin, monsieur de Tressignies se prend un soir à filer le train d'une courtisane aussi intrigante que sulfureuse. C'est sur l'oreiller, après les transports les plus infernaux, que de la bouche espagnole de cette prostituée qui n'en est pas une va sortir la sombre histoire d'une vie dévastée par l'amour, ainsi que le froid désir de vengeance qui l'accompagne.

 

retombée des corps

Un flirt intriguant avec l'estampe érotique :

    Cet album se distingue tout d'abord par la classe de sa composition. Relié avec un dos tollé, on trouve à la fin de cette bd la version intégrale de la nouvelle de Barbey d'Aurevilly duquel sont extraits  tous les textes de l'album. Le dessin au lavis (technique de peinture consistant à n'utiliser qu'une seule couleur qui sera diluée pour obtenir différentes intensités de couleur) que propose Lilao oscille entre la gravure sur bois du XIXème, meilleur moyen de rendre cette atmosphère propre aux textes littéraires qui touchent cette période, et le dessin de bd, ce qui place cet album à la croisée des chemins entre adaptation et illustration.
L'érotisme qui se dégage de cette ambiance libertine ne fait que renforcer la puissance tragique qui se développe tout au long du monologue de cette ibérique impétueuse, et nous plonge dans la contemplation ici d'un corps féminin, à la fois écrin d'un amour platonique et lieu d'une dévastation vengeresse,  retranscrit avec force par un trait juste et fin.



L'enfer de l'adaptation :

    Le dessin ici ne se veut pas seulement vaine explicitation d'un texte déjà plus que célèbre. Cet album qui paradoxalement fait preuve de retenue dans l'évocation du corps érotisé offre tout un travail sur la représentation de ce corps à l'époque de l'écriture, on trouve des références à la gravure de mode, mais aussi à l'art gravé de salons, et bien sûr aux estampes érotiques qui pouvaient orner quelque loge à velours rouges sur les murs.
Avec cet album, Lilao se permet de grossir les rayonnages des enfers de nos bibliothèques remplies de bd avec un érotisme contenu mis au service de l'amour dans toute sa splendeur et sa décadence. Une coquinerie tragique ma foi bien agréable.

 

                                                                                                                         [ThiBaulT]

Share |


© '09-11 Prun' by Capripot & shift.