jeudi 18 mars 2010, 04:54:13

Gavin Younge a vécu la violence. Il a connu l'apartheid. De l'autre côté de la barrière : Gavin Younge est blanc. Cet artiste Sud-Africain a été extrêmement touché par cette période.
Il exprime son abattement face à des forces qu'il n'a pu qu'observer, mais aussi son espoir d'une réconciliation.
Donner une forme aux blessures
L'artiste souhaite "matérialiser les blessures physiques et psychiques, l’altération des lieux et des choses". Une manière d'exorciser la peur et la violence. Dans une Afrique du Sud où le traumatisme de l'apartheid reste ancré, cette violence première a une résonance.
Ainsi Gavin Younge rend compte de cette résonance au travers de ses photos. Des portraits de détenus de la prison de Pollsmoor à Cape Town. Torse nu, sur fond blanc, ils nous laissent découvrir leur histoire, en partie tatouée sur leur corps. Gavin Younge cherche à explorer le mythe de Nongoloza, bandit sud-africain, symbole du refus d'obéissance aux blancs dominateurs.
Sculptures, photos et vidéos
Outre ces oeuvres photographiques, l'artiste expose différentes créations. Parmi elles, une tente, recouverte par des pages du code qui régissait l'apartheid. Symbole à la fois de l'enfermement et d'une ouverture, aussi ténue soit elle. Son oeuvre vidéo Forces favourite montre différents endroits de son pays, des zones ravagées par la guerre, des morceaux de vie, de vie parfois brisées...
Deep Skin est une exposition très forte. Outre l'attrait esthétique des oeuvres de l'artiste, elle nous plonge dans une réflexion sur l'après. Après l'apartheid, après la violence. Ou la reconstruction d’un peuple.
Cyrille Masson
Deep Skin jusqu’au 11 juillet à la galerie Cosmopolis, rue Scribe à Nantes.
Retrouvez d’autres informations sur http://gavinyounge.com/ et sur www.lanoiregalerie.com/