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[Récit] Une nuit avec les alligators

Blues.Punk. Bières.

Les nuits de l'alligator au Stéréolux

Vendredi 7 février 2020, j’ai eu la chance d’assister à la tournée du festival des nuits de l’alligator qui sévit dans certaines grandes villes de France. Au programme: son du bayou, blues revisité et une bonne dose de sauvagerie. 



 Il est 21h passées quand je débarque dans la petite salle de Stereolux, je m’aperçois tout de suite que la moyenne d’âge est élevée…Pourtant j’ai pu croiser une population beaucoup plus jeune, en me rendant sur place. Je ne tarde pas à comprendre qu’un rappeur semble avoir attiré toutes ces personnes du côté de la grande salle.Très peu pour moi.

Ainsi, manque de chance, j’arrive à la fin du premier concert… Oups cela avait l’air bien sur le papier. Il s’agissait de Gliz. Une composition tuba, banjo, batterie. Trio français qui sert un garage, heavy blues bien grinçant paraît-il. Je vous laisse juger



 L’entracte me laisse le temps de prendre une bière, enfin si j’arrive à atteindre le bar. En effet, les vieux rockeurs aiment le houblon ! J’entends à côté de moi : « Ya de Ipéa ? » « Je veux une hipiyai! C’est quoi de lailpihay” ? Le ton est donné. Après 15 bonnes minutes, mon écocup est remplie de Kro bien fraiche, il fait chaud avec tout ce monde. Le second concert ne tarde pas à débuter, les lumières s'éteignent et un son d’harmonica qui fait penser à un train entrant en gare résonne dans la pénombre du lieu.

La petite salle semble soudainement exploser sous un blues endiablé…


Daddy long legs vient de cracher son premier morceau. Le rythme ne ralentit pas. L'harmonica s'enflamme au gré des coups violemment assénés de la caisse claire et la grosse caisse. Le guitariste n'est pas en reste avec ces riff qui semblent faire vibrer ses rouflaquettes touffues. 

Le chanteur, tel un crooner sorti d'un autre temps, chauffe la salle lorsqu’il ne chante pas ou n’a pas son harmonica vissé à la bouche et au micro. Boucle de ceinture, chemise froufrou, le style très ricain s’accorde assez bien aux tonalités blues énervé. C’est tout le Missouri qui vient s'inviter à Nantes ce soir-là. Pour dire vrai ils sont originaires de New York.

Bizarrement les membres du groupe me font penser à un mélange de Beatles, d’Oasis, d'Elvis et de cowboys que l'on aurait pu découvrir au coin d'un rad crasseux. Mais ces gars ne sont pas là juste pour enquiller du whisky. Musicalement ça envoie. Le décor rouge et noir apporte quelque chose de classe sur scène et musicalement tout est bien rodé. Les titres s’enchaînent, le public est conquis. Je ne m’attendais pas à une telle surprise. Le batteur finit par attirer mon attention. Affublé de grosses lunettes noires opaques, je me demande si il arrive à voir quelque chose. Cela dit, il ne semble pas gêné pour enchaîner les canettes de bières, qu’il jette une fois finies.

Je dois le confesser je ne suis que peu familier du style et j'ai un peu l'impression que toutes les chansons se ressemblent. Par ailleurs, l'énergie émanant du groupe me scotche sur place et je suis comme hypnotisé. .

Le spectacle est étonnant mais tout le monde semble s'accorder


A la fin du concert les commentaires vont bon train :" ah cet harmonica ça envoyait ", "quand le batteur a jeté sa canette haha, " le style du chanteur avec sa chemise ". 

C'était vraiment pas mal en fait. C’est une bonne découverte et je commence à réaliser que beaucoup de personnes étaient finalement venues pour ces deux premiers groupes, et on m’interpelle même sur le groupe à venir. Ce qui me parait impensable. 



Une bière en attendant la suite. Je suis tellement impatient de revoir King Khan et la formation Louder Than Death.... À l'espace fumeur le public se mélange ... Entre bluesman, santiags usées, rouflaquettes, et amateurs de hip-hop rap aux joggings affûtés surmontés de Nike air Max ... Le spectacle est étonnant mais tout le monde semble s'accorder ... Pour sûr, les uns n'ont pas vu le slip en cuir de king khan et les autres le dreadlocks et le maillot de foot de Zola (ndlr : l’artiste programmé dans la grande salle) ...

Pause finie ... Il est temps de rentrer dans la fosse. Le show s'annonce torride ... Je me remémore ma dernière expérience Louder Than Death durant l’édition 2019 du festival Lévitation à Angers. En discutant avec des personnes dans le public je finis par me rendre compte que beaucoup de personnes ne connaissent pas King Khan! What ! Ahahah je commence à imaginer leur surprise à la vue du bonhomme…

Politique et drôle


Les lumières éteintes, le tourneur vient annoncer King Khan et le groupe ! Une fois de plus le slip en lycra clouté me fait bien marrer. Toujours affublé d'un ventre qui semble prêt à exploser, d'une veste en jeans à patchs ainsi que d'une casquette de policier américain ... Le show commence : cela va faire saigner les oreilles. Les autres membres du groupe arrivent et s’installent. Sans plus tarder, le leader charismatique annonce : "Une chanson pour ceux qui pissent dans le lit, mais là j'ai pris trop de cocaïne ". Définitivement, l'expérience Louder Than Death (LTD) est dur à raconter, il faut la vivre ! La batterie crache, la guitare et la basse s’affolent, le chant se fait tout de suite violent ! 

Ça hurle et ça joue fort. C'est politique et drôle : « Les mohawks c’est pas les vrais indiens comme moi mais c'est important ». Je ris, chaque chanson est entrecoupée de petites phrases placées en toute impunité. Entre deux, titres King Khan prend le temps de mettre le micro dans son slip pour remonter ses chaussettes, l'air de rien .... Je me rends compte à ce moment que je n'ai pas mes bouchons d’oreilles mais à quoi bon. Il effectue un petite hommage à Lemmy ( Killmister / Motörhead ndlr) ...Artiste avec qui il a pu échanger avant sa mort nous raconte-t'il. Durant ce tribut, il aura eu le temps de mettre en avant son slip Lycra et l'effet moulant sur ses fesses. 
Des inconnus du public partagent leurs bières avec moi. C’est décidément un bon concert.

« Ah Tom Hanks est mort ... Ah bah non ... »


« Ok .... Vous avez du speed .... Pour faire marcher les pédales d’effet ... Ah Tom Hanks est mort ... Ah bah non ... » C'est aussi ça King khan ! Bon, j’avoue avoir été un peu perdu à ce moment-là. Vingt minutes après le début du concert, il sollicite le public et prévient que la suite va être super creepy.... Il enchaîne en parlant d’un Leather Boy. Débarque alors sur scène un chanteur tout de cuir vêtu, un pote du leader semble-t-il. Il participera à plusieurs titres avant de faire un joli « drop the mic » à la fin de sa prestation. 

Durant l’une des chansons une personne slam, et qu’King Khang lui lance «qu'est-ce que tu fais, c'est la piscine ? » « A Binic ils faisaient cul nu ». Ce que je trouve sympa dans les concerts avec King Khan c'est que tout le monde en prend pour son grade. Et comme cela reste du punk, oui, il faut le dire ... Cela ne dure pas longtemps...

L’heure tourne et le groupe se fait rappeler à l'ordre sur le temps qu'il leur reste pour le concert. Toutefois, ils négocient pour un peu de rab et la suite se fera sur un violent Spicy Chicken, un de titres les plus populaires du groupe. Il se tripote le nombril et les tétons durant la chanson mais ça passe, puis ils miment qu’ils urinent sur la sécurité et ils obtiennent 20 minutes de plus ! Le concert se termine sur une reprise des Mavericks, King khan n'a pas fini de surprendre ... C’est non sans surprise que le micro terminera encore une fois dans son slip.

 J’ai beaucoup parlé de King Khan car il est le showman du groupe, mais les membres sont tous aussi tarés les uns que les autres. Concert terminé. C’était trop court mais il y aura bien une prochaine date !    


Article réalisé par Aurélien Bianco

Publication : Lundi 24 FéVrier 2020

Illustration : Les nuits de l'alligator au Stéréolux






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