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Retour sur Rock En Seine 2014 : une programmation qualitative

Rock en Seine attire pour sa programmation et sa grandeur. L'édition 2014 n'a pas dérogé à la règle. Cette année était même meilleure que les précédentes

Le chanteur de Cage The Elephant dans son bain de mains

 « J'ai entendu dire que c'était le dernier concert d'Arctic Monkeys ce soir, ils vont nous faire une Oasis ! » Je n'étais pas encore arrivé sur le site de Rock en Seine que déjà de folles rumeurs circulaient parmi les festivaliers. 

Il faut bien dire que Rock en Seine est un festival un peu à part en France. C'est là où Oasis s'est séparé, donc. Là où Them Crooked Vultures ont donné un de leurs tout premiers concerts (cachés dans la prog sous le pseudo « Les petits pois »), et certains affirment que Scarlett Johansonn s'y promène incognito. 
S'attendre à l'inattendu et à croiser du beau linge n'est donc pas interdit, et c'est avec une certaine excitation que je me rends depuis 2012 à Rock en Seine en espérant y voir mon idole, Jean Benguigui. C'était encore un échec cette année de ce côté-là (je crois qu'il m'évite), mais le festoche en lui-même était, lui, extrêmement réussi; sans doute la meilleure édition à laquelle j'ai assisté en trois ans. 

Les fessées de Cage The Elephant et Royal Blood

Pas le temps de lambiner dans le sublime Parc de St Cloud, le premier concert du premier jour est aussi un de ceux que j'attends le plus : Cage The Elephant. 
Ils avaient donné une prestation très remarquée en 2012, grunge à souhait, mais le groupe a beaucoup évolué depuis. Dandinant torse nu comme un enfant bâtard d'Iggy Pop et de Mick Jagger, le frontman de CTE clame ses nouveaux tubes (ceux de Melophobia, leur flabistouflant dernier album) comme des hymnes. Il tape dans ses mains, se jette dans les foules, se pare d'un magnifique drapeau breton (si si) et fait swinguer sa crinière blonde au vent. Les morceaux sont exécutés plus proprement qu'avant, mais gagnent en beauté ce qu'ils perdent en énergie. Shake Me Down et Cigarettes Daydream font frissonner la fosse. On sort du show l'âme réjouie, Rock en Seine 2014 est commencé depuis une heure et on bande déjà. Bien joué les gars. 
On file ensuite voir Pégase, même si on les connaît bien puisqu'ils sont de chez nous. L'ex Minitel Rose n'est pas le roi du charisme (« ça va Paris ? Cool. »), mais quand ses mélodies passent du trot au galop et commencent à prendre leur envol, la rage bouillonnante du crew se fait sentir. C'est indéniablement ce qui fait leur charme, et le public parisien semble plutôt conquis (cocorico). 
Je prends ensuite du temps pour me balader un peu sur le site, toujours aussi beau qu'éprouvant pour les pieds (il faut facilement 10 minutes pour aller d'un extrême à l'autre). Le Domaine de St Cloud a la classe, avec ses fontaines, ses statues et ses bois verdoyants. En revanche ils ne se sont pas vraiment foulés niveau déco. Mais comme on s'en fout un peu, on va continuer de parler des concerts, qui furent coolardos. 
Je découvre la power-pop de Traams, pas révolutionnaire mais plutôt honnête. J'aperçois de loin la mythique Blondie, mais je passe vite mon chemin car je souhaite du sang et des larmes. J'en aurai avec Royal Blood un peu plus tard, ma seule vraie bonne découverte du festival. Mais nom de Raël, ce que ces deux anglais m'ont mis dans la gueule je ne le souhaiterais même pas au plus fervent bukkakiste.  Basse, batterie, ça suffit pour asséner un gros coup de massue rock'n roll à l'assistance. Rien à redire, c'était calé, charismatique, brûlant, ça poutrifiait avec soin. Je ne regrette même pas d'avoir manqué les fous glauques de Die Antwoord pour eux. 
J'assiste ensuite au concert de The Hives, égaux à eux-mêmes, ce qui est une bonne chose. Les très attendus Arctic Monkeys montent ensuite sur la grande scène, et, contrairement à la rumeur, ne se séparent pas, mais font en revanche un show assez dégueu. Brianstorm est bâclée et Alex Turner semble vouloir ralentir tous les morceaux en jouant les crooners avec sa voix languissante, ce qui nique les tempos et me broute aussi un peu le chou. Je me barre donc précipitamment dans l'enfer du métro parisien rejoindre mon délicat plumard avant d'attaquer le samedi. 

La classe ultime de The Queens of The Stone Age

Samedi, journée quasi blanche. Sur le programme, rien ne m'inspire à part The Prodigy, et au final rien ne m'aura vraiment marqué à part The Prodigy. Parlons de The Prodigy, donc. Ils ont beau ne pas avoir sorti de nouveaux albums depuis 2009, et être aussi des vieux de la vieille de l'électro qui bute, ils font toujours le boulot. Malgré un son pas top (on n'entendait quasiment pas le synthé...), on sue, on pogote comme des bœufs et on a de subreptices érections. 
Les dieux des oreilles m'ont gâté le dimanche 24 août, j'ai rendu de joie plusieurs fois. D'abord pendant Blood Red Shoes, un combo Guitare/Batterie simple mais ô combien efficace, puis face aux ultras saturés Cloud Nothings (qui passent bientôt au Ferrailleur, d'ailleurs, avis aux amateurs (oula, beaucoup trop de « eurs » dans cette phrase (bordel, maintenant il y a trop de parenthèses, ça craint))). 
Cela me reprend ensuite face à l'idole grunge Brody Dalle et enfin face au plus grand groupe de rock actuel, Queens of The Stone Age. Oh j'ai bien assisté à d'autres concerts ce jour là, j'ai vu Lana Del Rey faire des pauses de cinq minutes au milieu de son concert pour prendre des selfies avec ses fans, je me suis perdu dans les ténébreuses volutes de Warpaint, j'ai dormi un peu devant Petit Fantôme (qui n'était pas nul, j'avais juste sommeil) et j'ai même mangé des frites de patate douce devant Tinariwen. Mais Queens of The Stone Age a vraiment surpassé tout ce beau monde de loin. La bande à Josh Homme avait opté pour une setlist plutôt tranquille, pour leur dernier concert de la tournée, mais on a l'impression qu'ils pourraient jouer du Patrick Sébastien en gardant une classe affolante. Quand le géant roux s'est mis au piano pour attaquer seul, a capella, un Fairweather Friends grandiose, j'ai bien cru que j'allais défaillir. The Vampyre of Time and Memory a fait aussi son petit effet, et le finish Go With The Flow / Song for the Deaf a offert une fin carrément épique au festival, même si on aurait bien repris une bonne tranche de QOTSA. 

Bilan positif pour Rock en Seine

Malgré un samedi plutôt naze, l'édition 2014 de Rock en Seine peut donc se targuer d'être une franche réussite. Autre chose, je ne sais pas trop à quoi c'est dû mais l'ambiance hipstero-parisienne s'est moins faite sentir que les années précédentes, le public était réactif, chaleureux, et c'est avec un grand plaisir que l'on déambulait sur le site, que l'on découvrait les stands de bouffe (chers, mais souvent bons, ce qui est assez rare en festoche pour être souligné), les expos, les bars, etc. 
Seul petit bémol niveau orga : il fallait faire une queue monstre pour aller évacuer ses selles. Si des gens de Rock en Seine lisent ces lignes, doublez les WC pour l'année prochaine ! Mais cela ne saurait faire oublier la qualité de la prog et des concerts, qui me fait revenir à Paris chaque été fin août avec délectation. Si j'y retourne l'année prochaine, j'espère juste que Jean Benguigui fera aussi le déplacement.

Camille Verron




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Article réalisé par Rédaction Prun'

Publication : Lundi 08 Septembre 2014

Illustration : Le chanteur de Cage The Elephant dans son bain de mains

Crédit photo : Victor Picon






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