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Rock'n'Solex, Hors Bord : la séance de rattrapage

Début mai dernier (quoi, déjà ?), d'un côté et de l'autre de la Loire, se tenaient deux festivals urbains : les bretons fêtaient les 50 ans de Rock'n'Solex, pendant que les bordelais (re)découvraient Hors Bord pour sa seconde édition.

Le public rennais, toujours au top

Rock'n'Solex, l'apothéose


Début mai, le festival rennais fêtait en grande pompe son demi-siècle d’existence. Avec toujours la même formule qui fait son succès non démenti : des journées de compétitions à dos de Solex, des soirées sous le signe des grosses basses qui tapent.

C’est l’histoire d’une scène qui mettait DKO

C’est à l’aube du samedi soir que ce récap débute, faute de présence sur le vendredi. Cette première soirée réunissait, entre autres, Dub Inc, Taïwan MC, et I-Skankers. Mais s’il fallait la résumer, avec les quelques mots des festivaliers présents et croisés au cours du week-end : des ondes super positives, une bonne grosse soirée dub, et une pluie diluvienne qui en aura surpris plus d’un.

Les vestiges de ce déluge étaient encore présents le samedi soir : beaucoup d’eau, de boue et de chutes au rendez-vous. Mais le clou du spectacle n’était pas du côté des festivaliers plus ou moins éméchés. Une fois la nuit tombée, entre deux concerts, un superbe spectacle pyrotechnique d’une dizaine de minutes attendait un public ébahi. Un anniversaire en grande pompe, on vous a dit.

Côté programmation, toutes les oreilles ont été conquises. Tandis que la grande scène accueillait tour à tour Kacem Wapalek, les locaux de l’étape Stand High Patrol, et Skip&Die, la petite scène laissait carte blanche au label DKO Records, sur un set collectif de Mézigue, Flabaire, Rag Dabons et Mub Deep all night long. Et c’était vraiment la bonne idée de ce week-end, laisser 5 potes, dont le talent n’est plus à prouver, s’amuser avec leur bibliothèque musicale. Mention spéciale au petit prince du sale, l'homme masqué Mézigue, qui n’a pas fait mentir sa réputation avec une sélection house d’une qualité dont mon Shazam se souvient (RIP ma batterie).

La soirée s’est terminée sur la grande scène avec deux pointures très attendues : d’un côté Molécule, qui tourne depuis une bonne année avec son live, une invitation électronique au voyage dans un porte-conteneurs sur l’océan. De l’autre, The International DJ Extraordinaire Terrence Parker, le vétéran de la deep house de Detroit, une belle légende. Et c’est également une belle page du festival qu’il a pu écrire en cette fin de samedi soir, alternant entre productions pointues et personnelles, et pépites golds parfaites pour repartir du bon pied vers les navettes retour.

Soir/3

Pour ce dernier soir, la carte blanche était cette fois laissée au collectif Texture, dans une formule plus “conventionnelle” où chacun vient tour à tour distiller des galettes (et quelques claques). Un set toujours aussi dansant, aux allures parfois plus disco, parfois plus techno que la veille. Une preuve de l’eclectisme de ces six artistes réunis ce soir-là : Deniro, DJ Psychiatre, Earl, et H.Mess & Cleft.

Mon choix s’est cette fois-ci porté sur la grande scène avec une programmation toujours plus énorme, où l’on retrouve certes très peu de rock, mais tant pis. Une ouverture de soirée par Madame, devant un public peu nombreux mais chauffé à blanc par le producteur français qui envoie tuerie sur tuerie. Une belle découverte live et un immense coup de cœur.

De coups de cœur, ce dimanche soir en sera ponctué, et Marek Hemmann n’y échappera pas, malgré les 5 fois où j’ai pu le croiser en festival ces 16 derniers mois. Un set toujours aussi calibré, toujours aussi éclectique, sobre, faisant tellement taper du pied qu’il en devient plus efficace qu’un régime (dans ta face Jean Michel Cohen !). Les trop rares Octave One, tout droits venus de Détroit, clôturaient cette magnifique 50ème édition. Et quelle clôture, mes amis, quelle clôture. Un truc mémorable, inscrit dans les petits livres de l’histoire rennaise, un public en feu, des artistes ayant envie d’en découdre. C’est encore des étoiles plein les yeux et des acouphènes plein les oreilles que j’y repense. Une 50eme édition plus parfaite, tu meurs, qui promet encore 50 belles années de vie à l’un des plus vieux festivals bretons. Du love, Rock’n’solex, beaucoup de love <3

(La photo illustrant l'article est issue de l'album réalisé par Jérémy Jehanin, qu'on vous invite à aller checker par ici

Hors Bord, deuxième !


De l'autre côté, à quelques jours d'intervalle se tenait le nouveau venu sur la scène des festivals de printemps : Hors Bord. On y était l'année dernière pour sa première, et cette année, l'occasion de faire un point sur les belles avancées du bleu.

Le site

L’endroit était certes le même que l’an dernier, mais tout a changé : des scènes mieux placées, un espace chill du feu de Dieu, et une preuve qu’avec des palettes et un coup de peinture on peut faire n’importe quoi, et bien en plus. Sans toutefois dénaturer le côté friche de l’endroit. Un petit marché, de la bonne bouffe, une friperie, c’est un grand OUI.

L’organisation

Passons rapidement sur la sécurité, totalement sur les nerfs et jouant d’excès de zèle, sur lequel l’équipe du festival ne peut pas grand chose (la situation actuelle blablabla, sécurité blablabla). L’organisation en elle même du festival est un peu à revoir : il ne nous est offert aucune possibilité de prendre des “packs” jours+nuits, ce qui, quand on ne connaît pas le festival est un peu étrange. On prend sa place pensant profiter de tous les concerts prévus et annoncés, et on se retrouve, beaucoup se sont retrouvés, a devoir payer 15€ de plus une fois minuit passés, alors que rien ne l’indiquait clairement. Aux dires des festivaliers,  plus de pédagogie et un meilleur accompagnement sur le site internet seraient nécessaires pour la troisième. De plus, pour un néo-festivalier, non-bordelais, il faut vadrouiller dans la ville pour trouver le site puisque rien ne l’indique une fois sorti des transports ou de son AirBnb, en dehors d’un laconique “bassin à flots”.

La programmation

Ce qu’on ne peut enlever à ce festival, c’est sa très bonne programmation, mêlant parfaitement les genres. Parmi les (petits) points noirs, on peut relever une incompréhension sur l’heure de passage de Roméo Elvis, programmé en tout premier à 16h le samedi, et qui aurait peut-être mérité une heure plus tardive, un petit foutoir sur le passage de Suuns, des balances en direct qui ont entraîné une grosse réduction du temps de jeu sur scène (une grosse demie heure à tout casser) et une programmation “jour” peut être trop légère à mon goût, pas assez de noms mais dont ne peut nier l'éclectisme et le bon goût. Immense big up au B2B MCDE/Antal qui a mis tout le monde d’accord : anthologique.

En bref,

L’organisation est vraiment le gros point noir de ce festival, sur lequel beaucoup s’accordent. Même si l'on a pu observer une sensible amélioration, il faut aller encore plus loin, accompagner mieux ceux qui arrivent sans connaître, pour ne pas les décevoir où les frustrer, notamment sur la séparation des soirées “jours” et “nuits”. Mais une fois cette épine enlevée du pied, et ce dernier prêt à taper sur le site, tout va mieux. L’endroit est vraiment assez fou et incite à la détente, l’ambiance est vraiment chouette et on prend sa dose niveau musique. Il ne faut pas oublier dans toute cette équation que ce festival n’en est qu’a sa deuxième édition, et qu’il met déjà les petits plats dans les grands. Il est amené à grandir et à s’améliorer, c’est pourquoi toute critique constructive est bonne à prendre. Tout va dans le bon sens, et les gens prennent du bon temps, et après tout, on demande quoi de plus a un festival printanier ?



hors bord / festival rock'n solex / festival / rennes / bordeaux / musique

Article réalisé par Simon Ains

Publication : Lundi 10 Juillet 2017

Illustration : Le public rennais, toujours au top

Crédit photo : Jeremy Jehanin






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