Bienvenue sur le site de Prun'. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Ok
Cover

Chargement...

Notre-Dame-des-Landes : branle-bas de combat

L’affaire Notre-Dame-des-Landes reprend du service. Le préfet de Loire-Atlantique, Christian de Lavernée, a annoncé, lundi, la fin de la concertation et le début des travaux prochainement. Une annonce qui fait l'effet d'une bombe.

En octobre dernier, les adversaires au projet Notre-Dame-des-Landes manifestaient symboliquement un an après l'opération César. Cet événement avait fait l'objet de nombreux affrontements entre les forces de l'ordre et les opposants. 

Aujourd'hui, le projet fait face à une nouvelle polémique. Le préfet de Loire-Atlantique, Christian de Lavernée a certifié, lundi, que les arrêtés "sur l'eau" et  "espèces protégés" seront signés prochainement. 

Un acte qui, selon les opposants, ouvre les hostilités puisqu'il symbolise le début des travaux. 

Un projet qui piétine 

Depuis 2000, la zone Notre-Dame-des-Landes a été choisie pour accueillir le futur aéroport du grand Ouest. 

Après un débat public en 2002-2003, une enquête sur l'utilité publique du projet remise en 2007, une loi votée en 2009 certifiant un objectif de développement durable, une commission de dialogue en 2012 et un rapport remis au ministère délégué en charge des Transports en avril dernier, le gouvernement ne s'imaginait pas des discussions si ardues. 

Il a fallu un an de concertation pour "dissiper les zones d'ombres", a expliqué le préfet de Loire-Atlantique. Il rajoute "ce n'est pas la fin de la période de dialogue". Patrick Gandil, directeur général de l’aviation civile (DGAC)  insiste sur les bienfaits de ce nouvel aéroport : soutenir le développement durable de la région, marquer la fin des nuisances sonores et permettre près de 4000 emplois directs et indirects ainsi que 800 nouveaux postes pour la construction. 

En effet, il rappelle que la croissance du trafic de Nantes Atlantique était en forte augmentation : 12 % de progression en 2012 et le nombre de passagers à Nantes s'est multiplié par quatre en vingt ans. 

Pour autant, Jacques Bankir, ancien directeur de compagnies aériennes, a contesté la pertinence du projet, en novembre dernier sur Médiapart  où il estime que "Nantes se tire une balle dans le pied". Il serait plus coûteux que bénéfique. 

Un calendrier sans contrainte et incertain

Le préfet, Christian de Lavernée, a annoncé que le début des travaux aura lieu en 2014. La date exacte n'a pas été communiquée. 

"À cause de ces incertitudes juridiques [les opposants peuvent encore faire appel] qu'il faut encore lever et de la situation concrète sur le terrain, il s'agit de travailler en sécurité pour les entreprises, et pour la bonne qualité du travail qui est fait. Donc, il faudra prendre tout le temps nécessaire pour réussir ça dans un climat aussi apaisé que possible. Ce qui explique que nous ne fixons pas de calendrier contraint pour ne pas compromettre ce qui a été fait jusque là", précise le préfet. 

Alors que récemment encore, cet aéroport prévoyait d'être inauguré en 2017, la date a été décalée vers 2019-2020. Un calendrier encore flou et incertain mais le préfet marque sa volonté d’aller jusqu’au bout. 

Il a spécifié à la presse qu'un retard n'est pas grave car l'aéroport de Nantes-Atlantique fonctionne". 

Des réactions de l'opposition instantanées 

La nouvelle annoncée, ce lundi, a fait l'effet d'une bombe notamment sur les réseaux sociaux où les réactions n'ont pas tardé à se faire entendre. Pour plusieurs associations de protection de la nature et de l'environnement, qui ont rédigé un communiqué commun, "l'État a franchit la ligne rouge". 

Hervé Le Strat, vice-président de Bretagne Vivante, s'indigne : « c’est un passage en force d’autant plus inacceptable que plusieurs espèces « oubliées » ont été identifiées par les naturalistes en lutte sur le terrain. Le constat et la prise en compte de ces espèces dans le dossier est une formalité incontournable. En tout état de cause, les transferts d'espèces protégées et d'habitats ne permettront pas de sauvegarder ni de reproduire à l'identique les milieux avec toutes leurs fonctionnalités ».


En avril 2013, les experts avaient  d'ailleurs invalidé cette méthode du gouvernement de compensation environnementale. Mais l'État devrait la suivre quand même. Selon les associations de protection de la nature et de l'environnement, "l'état se mettrait alors hors la loi".

Des fausses notes et encore de nombreux désaccords qui font craindre une nouvelle opération César pour l'année 2014. 

Vous pouvez retrouver la chronique réalisée sur ce thème dans l'émission Cité à la Une ci-dessus et pour plus d'informations, rendez-vous sur le site du gouvernement et sur le site de l'association des opposants : ACIPA.


Article et interviews réalisés par Aurore Coué



politique / notre-dame-des-landes / aéroport / nantes / préfet

Article réalisé par

Publication : Mardi 17 DéCembre 2013

Illustration : Christian Galliard de Lavernée, Préfet de la Loire-Atlantique

Crédit photo : http://www.loire-atlantique.gouv.fr






Réagir :