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L'humeur de la semaine : l'Euthanasie

L'euthanasie se retrouve souvent au centre de divergences d'opinion. Pourtant, l'écrasante majorité des français se prononce régulièrement en sa faveur. Mais qu'en est-il vraiment ? (disponible à l'écoute)

C'est un sujet qui divise énormément la classe politique, il revient au moins une fois par an sur le coin de la table avec des affaires comme celles de Vincent Humbert ou plus récemment celle de Chantal Sébire, l'euthanasie reste néanmoins une préoccupation importante pour un bon nombre de français. En effet, selon plusieurs sondages, une majorité souhaite une loi en faveur de l'euthanasie. L'association « pour le droit de mourir » annonce que 9 français sur 10 seraient pour ce droit. Déjà en 1985, un sondage de la société TNS Sofres annonçait 85% de français favorables. 

 Alors qu'est-ce qui coince ? Pourquoi l'euthanasie est-elle considérée comme un assassinat et pourquoi la loi se permet-elle d'empêcher un individu de mourir dans la dignité ? 

 Avant toute chose, parlons de l'affaire Vincent Humbert. Ce jeune homme qui suite à un grave accident de la route était devenu tétraplégique aveugle et muet, avait tenté d'obtenir le droit de mourir, en vain. Sa mère, ne supportant plus de le voir ainsi, provoque sa mort avec l'aide d'un médecin en 2003. 3 ans plus tard, le jugement se conclut par un non lieu. 

 Dans cette affaire, Vincent malgré toutes ses séquelles physiques, était resté lucide et apte à décider s'il souhaitait mourir ou non. 

 Il y a plusieurs formes d'euthanasie. L'euthanasie active est la mort provoquée directement par un médecin. C'est globalement celle-ci qui pose problème comme la décision serait prise par le médecin avec l’accord, si possible, de la famille.

 L'assistance médicale au suicide est une dose mortelle d'un médicament fournie par un médecin que le patient prend seul.

 L'euthanasie passive est quant à elle un arrêt de traitement à la demande du patient. 

 C'est cette dernière qui est autorisée en France. C'est la loi Leonetti. En Belgique, aux Pays-Bas et en Suisse, l'euthanasie active et l'assistance médicale au suicide sont autorisées. 

 Aujourd'hui, avec la loi Leonetti, on peut « laisser mourir » un patient. Derrière ce terme quelque peu barbare se cache en réalité la fin d'un acharnement thérapeutique autrement dit l'arrêt total de soins envers une personne condamnée et qui souffrirait physiquement ou psychologiquement. Il faut savoir que la loi Leonetti ne peut s'appliquer que si la personne concernée est encore consciente. 

 Seulement voilà, une enquête publiée par L'Institut national des études démographiques en novembre 2012, révèle que près d'un décès sur deux, en France, serait du à une décision médicale qui a pu hâter la mort du patient. Mais que seulement 0,8% de ces cas seraient la conséquence de médicaments administrés délibérément. 

 L'euthanasie est donc d'ores et déjà présente officieusement dans les hôpitaux français. L'un des principaux arguments contre l'euthanasie est comme je l'ai dit plus tôt, la peur des abus. Le seul moyen pour combattre d'éventuelles et déjà réelles dérives serait donc de créer une loi car on ne peut pas contrôler quelque chose qui n'est pas sensé exister. 

 Pour pallier à d'éventuels abus, il faudrait simplement laisser l'opportunité de choisir en amont tout comme on peut choisir de faire don de ses organes une fois décédé. 

 Alors oui, on peut remettre en cause l'euthanasie lorsque la personne concernée n'est pas en mesure de décider d'elle-même si oui ou non elle souhaite s'en aller. 

 Oui on peut remettre en cause l'euthanasie lorsqu'on sait qu'elle peut amener des abus, ne serait-ce que pour une question d'héritage. 

 Mais pour avoir travaillé pendant plusieurs semaines dans un institut de soins palliatifs en Suisse (là où l’euthanasie est légale), je peux vous assurer que le droit de mourir devrait être un acquis. On ne devrait pas avoir à souffrir pour finir nos jours. 

 En tant qu'humains nous sommes de fait, responsables de nos actes et responsables de notre vie, c'est à nous de choisir comment nous souhaitons la quitter. 

Lorsqu'on sait que le chemin jusqu'à la mort peut être extrêmement pénible dans la dernière ligne droite, comment peut-on simplement refuser ce choix ? 

On a tous un proche, plus ou moins âgé, plus ou moins en souffrance, plus ou moins malade, qui se rapproche indéniablement de la fin de sa vie. 

Sommes-nous en droit, de s'opposer à son choix de mourir dans la dignité ? 

L'état peut-il décider de la souffrance ou de la mort de quelqu'un ? L'euthanasie doit être vue comme une libération, la fin du calvaire que certains auraient préféré ne jamais avoir vécu. C’est l’occasion de mourir dans une dignité perdue face à la maladie, c’est la dernière fois que l’on peut être maître de sa vie et que l'on peut avoir le dernier mot.

Lorsqu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir et qu'il ne reste que de la souffrance, qui sommes-nous pour empêcher pareil soulagement ?


euthanasie / politique / société / science / médecine / médecine légale / ls

Article réalisé par Louis Scocard

Publication : Mardi 25 Novembre 2014

Illustration : Mme Le Pen changerait-elle d'avis dans cette position ?

Crédit photo : ADMD campagne de 2012





Commentaires

Cloclo54 - 26/11/2014 09h30


Carrole Gouyé - 26/11/2014 09h48


Louis Scocard - 26/11/2014 16h49


Anna - 01/12/2014 17h10


David - 07/12/2014 16h12



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