Bienvenue sur le site de Prun'. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Ok
Cover

Chargement...

L.O.A.S ou comment rire au milieu des décombres

Sorti le 14 avril dernier, Tout me fait rire, le premier album de L.O.A.S, convoque des influences multiples sans jamais perdre en cohérence. Entre rires et angoisses son rap viscéral déroute, bouleverse et touche.

Tout me fait rire - cover

Esquisser un sourire tout en contemplant les lambeaux du monde doit certainement vous sembler difficile, pourtant L.O.A.S parvient à relever le défi dans "Tout me fait rire", son premier disque.

Après le remarqué NDMA, le rappeur entreprend une plongée dans les profondeurs de notre époque et de sa subjectivité. Connu pour être un membre du trio aussi délirant que décapant DFH DGB, L.O.A.S gagne en autonomie pour proposer un objet sonore et visuel singulier capable de dynamiter les codes du paysage rapologique actuel.

Le rap flirte ici avec la chanson pour aller s’aventurer vers des sonorités électroniques inattendues. À l’image de sa culture éclectique, le rappeur intègre à ses création des références aussi diverses que Kubrick, Kitano ou les maîtres incontestés de la littérature d’anticipation.


Si l’album jouit d’une grande cohérence, il n’en reste pas moins déroutant. Déroutant de par toute la dimension visuelle qui gravite autour de cet opus. L’ambiguïté de la cover signée FIFOU reflète les différentes manières d’entrer dans le projet qui s’ouvre comme la porte d’une chambre interdite.

Une fois la porte ouverte, on pénètre dans un univers très personnel sans pour autant être complètement coupé du tumulte violent et anxiogène du monde extérieur. Comme dans une mise en abîme, c’est quand on croit avoir échappé à une prison à ciel ouvert qu’on s’enferme en soi-même et que les monstres nous attendent tapis.  Avec Tomalone, Krampf ou encore Shkyd, la diversité des producteurs impliqués sur ce disque vient achever la mise en scène d’un chaos narrativisé, où un sourire incongru se pose sur un visage défiguré et où l’amour triste et solitaire est magnifié par la captation du rapport tactile qui lie l'artiste à sa création.


Chez L.O.A.S, on découvre de la violence cachée dans un bouquet de roses et on apprend à sourire pour mieux supporter les forces destructrices. Rire de tout comme pour maintenir un dernier rempart avant de basculer de l’autre côté d’un miroir où la peur règne. Sourire pour mieux te distancier des angoisses qui squattent en toi comme dans la rue. 




Article réalisé par Camille KOUASSI

Publication : Mardi 18 Avril 2017

Illustration : Tout me fait rire - cover

Crédit photo : FIFOU






Réagir :