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Histoires Sur(pre)Nantes : Nantes et le Cinéma - Le Cinématographe

La chronique Histoires Sur(pre)Nantes vous (re)plonge dans l'histoire de la cité des Ducs au travers de thématiques originales ! Pour cette première série, il est question de cinéma !

Histoires Sur(pre)Nantes

Pour ce deuxième rendez-vous d’Histoires SurpreNantes, arrêtons-nous sur l’histoire du plus vieux cinéma de la ville. Il aura résisté à tout : à la guerre, à la télévision, à la censure, à l’arrivée du Gaumont et même au Technicolor ! Ce cinéma, fièrement et fermement ancré dans la cité des Ducs, à la dent dure et la pellicule indomptable. Pour autant, il a su préserver son authenticité et préfère l’intimité de la rue des Carmélites aux lumières de la ville. C’est juste là, en face du bar restaurant le Méliès et à deux pas du Café du Cinéma ou du Chien Stupide, que cet irréductible Nantais a hébergé du froid et de la brume automnale plusieurs générations de cinéphiles. Voilà l’histoire du Cinématographe.

Fait assez remarquable pour un cinéma, il s’est installé dans une ancienne chapelle ! Cette chapelle tient son nom de la communauté religieuse à l’origine de son édification : les Carmélites. Arrivée à Nantes entre 1618 et 1619, on leur concède une autre chapelle, Saint-Gildas, sous réserve d’élever un autre foyer pour le culte public. Ce sera donc la chapelle des Carmélites, terminée en 1643. Après la Révolution, la communauté a disparu des rues de Nantes, et la chapelle devient successivement une prison pour les prêtres réfractaires, un atelier de serrurerie et, en Mars 1908 donc, un cinéma, l’American Cosmograph. C’est le premier cinéma permanent de la ville. Pour l’anecdote, la demande de création de l’American Cosmograph est déposée à la mairie par la société Chocolat Poulain. Des tickets moitié prix sont dissimulés dans certaines tablettes de chocolat, ce qui permet au cinéma d’attirer un public nombreux assez rapidement. Visant un public chic, une tenue appropriée à l’élégance des lieux est exigée et, comme tout établissement de cette classe, un groom au costume bien taillé conduit les spectateurs à leur place. Les projections se font directement sur le mur, accompagné d’un son d’un piano.

En 1910, 4 salles permanentes sont déjà implantées dans la ville. Après la guerre, on en compte 6 : l’Apollo, le National, l’Omnia Dobrée, le Palace, le Select et l’American Cosmograph.

Dans les années 30, le cinéma perd de son faste et devient un cinéma de proximité. Renommé Salle St-Pierre, il est tenu par l’abbé Hallereau, qui instruit et divertit l’association du quartier. Il est rebaptisé le Celtic pendant la seconde guerre mondiale, dont il sort miraculeusement indemne. Les années 50 représentent l’âge d’or du cinéma ; les ouvertures et fermetures de salles vont bon train et chaque quartier de la ville a désormais son cinéma.

En 1964, l’arrivée de la télévision et la démocratisation des loisirs font tomber les plus petites salles. La tendance est nationale : partout en France, les chiffres sont en bernes et les ventes de tickets dégringolent. Le Celtic fait de la résistance. Mais malgré les grèves de Mai 68 qui poussent les spectateurs dans les salles obscures, les fermetures se poursuivent.
En 1971, le nombre d’entrées est divisé par deux comparé à 1957. Le Celtic diffuse des films de séries B, alternant entre films érotiques et films de karaté. Le 15 Juillet 1980, épuisé et impuissant face aux grand complexes, il disparait après la projection de 18 hommes en bronze. Mme Gabrielle Chauveau le dirigeait depuis 30 ans. Ses tentatives d’adaptation, par la diffusion de films arabes ou indiens, n’a pas suffit…

Trois ans plus tard, Jean-Serge Pinault, dont la famille a largement participé au développement du cinéma dans la ville, reprend en main l’établissement. Rebaptisé le Cinématographe, il lui donne sa forme actuelle et surtout une véritable identité. Le cinéma rouvre ses portes le 23 Novembre 1983. Racheté par la Soredic dans les années 90s, coulé en un an par une mauvaise communication, la salle est obligée de fermer à nouveau ses portes en 1995. La deuxième renaissance du cinéma se fait en 97, grâce à l’association Ciné’Nantes, qui s’installe définitivement dans la chapelle à l’automne 2001.


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chronique / histoire / nantes

Article réalisé par Timothé CLERC

Publication : Mercredi 08 FéVrier 2017

Illustration : Histoires Sur(pre)Nantes






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