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C’est sombre, mais l’éclaircie est là.

De sa voix grave et posée, toutes les semaines dans le Ghetto Blaster du mercredi pendant un semestre, Gab “a lâché de (belles) diatribes salées, sucrées, poudrées... prêtes à tout faire exploser !” Celle de mai 2017 sera peut-être la dernière...

Il s’agit peut-être de ma dernière chronique, le vent ayant eu raison de ma personne. Alors plusieurs options s’envisageaient, dont la plus alléchante qui était de lâcher une dernière diatribe salée, sucrée, poudrée, surtout poudrée, prête à tout faire exploser ! Cracher mon venin qui ne demande que cela.

J’ai pensé balancer pendant le temps de cette tribune, mon majeur dans la gueule des politiques déconnectées. J’ai pensé murmurer puisqu’il n’y a que cela qu’on écoute vraiment, toutes ces idées que je ne comprends pas chez mes contemporains, chez mes amis, dans ma famille, dans la rue. Et puis, j’ai compris que nous partagions, finalement, tous, cette même nuée, que ce n’est que la perception qui est différente.

Et puis, il y a eu ce nouvel attentat à Manchester qui a changé la donne. Amener la critique dans la tristesse m’a paru dérisoire, m’a paru affreusement égoïste. Et puis, surtout, il y a eu ce soleil ce matin, qui a transpercé les fenêtres, qui m’a électrisé. Ce soleil qui longtemps m’a paru jalouser la lune alors qu’en réalité, il n’en est rien. Puisque le soleil est un roi, solitaire évidemment, mais protecteur. Il amène l’espoir, il illumine chaque individu, chacun d’entre nous de toutes ses qualités. Ce soleil, il vient bousculer nos pensées, notre quotidien et il envoie valser tous les politiques, il sourit aux terroristes.

J’ai hésité à vous partager ce qui sauvera le monde : la culture, par une lecture de Vian, d’Hugo, de Rimbaud et j’en passe, par l’écoute d’une musique de Bob Marley, de Michael Jackson ou d’Elvis Presley. Finalement, je vous partage ce qui est mon espoir. C’est sombre, mais l’éclaircie est là.

À la mère nourricière, à ma France buissonnière,
à l
amour, la détresse, la douceur prisonnière,
l
éternité des peines, linsatiable vague à lâme,
aux adieux, aux “je t
aime”, aux radieux des poèmes.

Quand le tumulte des cultes oppresse le peuple athée,
quand la foi est fauchée, l’obscurantisme armé,
à tous les albatros, aux ridicules innés.

Les couchers de soleil ne sont plus de l
espoir,
la beauté formatée, le prosaïque prôné,
l
original botté, le marginal jugé.

Je suis qu
un suranné, non pas réactionnaire,
je voudrais survoler, la mer, la terre, les ères.
Les toi et moi se meurent, j
irai chercher la lune,
si le destin pardonne, aux hirondelles sans plume.

Les soirs de grand mutisme noir, blanc, rouge, haut les cœurs,
il n
y a de maudit que le néant des peurs.
Enivré par le vin, j
erre dans ce monde gâché.
Pourtant, la lune est belle, le ciel est envoûtant,
des amours à la pelle, aux murmures du printemps.

Je lève les yeux au ciel, assombris par les murs,
la prison est morale, le sacre du néant,
le manège est impur, le mal-être est prégnant.

On rêve de grands empires, au fin fond du tombeau,
mais la vie, c
est être seul, ou ne pas être du tout,
la blessure rouge, béante, ne cicatrisera pas,
ne s
apaisera pas, la tristesse foudroyante.

Les chemins insidieux, les décisions trop promptes,
font chavirer le sort, et tous les liens se rompent.

À jamais, à toujours, aux vides remplis de doute,
à la pluie de septembre et puis au soleil d
août,
à tous ces yeux humides et à ces sourires vides,
levons le verre démon, et noyons toutes nos rides.

Aux joints dans les jardins, à la bière aux cimetières,
aux femmes impies, vipères, qui m
emmènent au tréfonds,
allons marcher dans l
herbe, allons franchir les ponts,
dans les bras enjôleurs, on s
égare dans nos peurs.

Aux années épuisées, aux hivers, aux étés,
à notre sang dilué, par cet alcool toujours,
aux discussions bâclées et puis à nos discours.
Un regard au derrière, comble toutes les prières,
puisque toujours, il faut vivre et puis s
aimer,
malgré nos idéaux, de tout temps, à côté.

Jamais un mot de trop, tout juste le trop des maux,
ma langue très vite déliée, par leur humanité.
Toutes les conneries, vous n
y échapperez pas,
c
est un mal profond, un mal qui ne sefface pas.

Embrassons les nuages, puisque nuée nous prend,
embrassons les sillages, puisque le rêve se tend,
contentons-nous du vrai, l
amour, le sang, le vin.
Ainsi, nous comblerons, les plaisirs des défunts.

Éduquer dans la crainte de son prochain ennemi,
ou dans l
espoir soudain, de son futur ami.
Fondamentalement, le vice est immiscé,
tous les choix sont à faire, les routes déjà tracées.

Des tout premiers printemps, aux tout derniers hivers,
bien lasse est la misère, aux plaisirs éphémères.

Peut-être ne s
agit-il que des paroles dun gamin,
qui croirait encore en un humanisme des humains.
Peut-être que l
individualisme la emporté,
et ces maigres vers en seraient la preuve.
Mais qu
importe !

Aux joies et à la rudesse de la vie,
à la tristesse qu
il faut combler,
au bonheur à partager,
aux richesses à redistribuer.

La révolution approche, il faudra s
aimer.
Il est de notre devoir d
aider et de soulever ceux qui crèvent la faim.
Il faut s
unir et bousculer ceux de là-haut.
Il faut vivre et accepter les lois de la nature,
seulement, uniquement.
 


chronique

Article réalisé par Anna Tuyen Tran

Publication : Mercredi 07 Juin 2017

Illustration : Radio Bar, Saint Nazaire (pour le Ghetto Blaster)

Crédit photo : Anna Tuyen Tran, mai 2017






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