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Grèce : faisons le point

Mardi 3 mars, la maison de l’Europe proposait une conférence d’actualité au sujet de la Grèce. L’occasion de faire une petite mise au point.

Elles ne sont pas bien joyeuses les photos que nous montre Antoine Gretas, Consul honoraire de Grèce, ce mardi-là. Et pourtant, elles montrent la réalité grecque : dans les villes, près d’un magasin sur deux est fermé, la vitrine recouverte de papier ou de peinture blanche. Des rues autrefois animées, des centres commerciaux, sont devenus des lieux fantômes, vides de vie. Si on parle beaucoup de la Grèce dans les médias, de sa dette et des négociations économiques avec l’Union Européenne, on a du mal à s’imaginer ce qu’est le quotidien d’un grec aujourd’hui, 7 ans après le début de la crise. 


La vie à la grecque en 2015

Le premier gros problème auxquels sont confrontés les grecs, c’est le chômage, ravageur. Son taux était à 26% en 2014, après avoir connu un pic à 28% un an plus tôt. Il s’agit d’un chômage particulièrement élevé, supérieur à celui de l’Espagne. Mais ce qui est vraiment effrayant, c’est le taux de chômage des moins de 25 ans qui s’élevait à 50% en juillet 2014.
Financièrement, la situation est très difficile pour la majorité de la population. D'un côté, des impôts très élevés sont apparus brusquement, de l’autre il faut souvent attendre 3 à 15 mois pour recevoir son salaire.

Enfin, la politique d’austérité a mené à de nombreux dysfonctionnements administratifs. Ce qui relève du service public s’est peu à peu écroulé.
Le quotidien est donc devenu très précaire pour une population dans laquelle actuellement 27% des gens sont considérés comme pauvres. En effet, le contexte de crise a fait naître des "néopauvres", aussi appelés "SDF avec Iphone" selon l’article de Libération de janvier 2012. Il raconte les bousculades lors des distributions de nourriture gratuite, faisant un parallèle avec la situation pendant l’Occupation. 


La Grèce, un petit pays, de grands problèmes 

"La Grèce, ce n’est pas seulement la glorieuse Grèce Antique", rappelle Marietta Karamanli, députée à l'Assemblée et présente à la conférence d'actualité. Ça ne l’est plus et depuis longtemps. La Grèce est un pays jeune, petit, qui, outre la crise, doit faire face à de nombreuses difficultés. L’économie souterraine lèse beaucoup l’économie du pays déjà fragile.

Antoine Gretas pointe du doigt avec colère un second problème qui aggrave encore plus les difficultés financières grecques : l’argent envoyé à l’étranger. « On estime à plus de 230 millions d’euros l’argent grec placé dans des banques étrangères, déplore le Consul. Pourtant, cet argent aiderait considérablement le pays ». La Grèce est aussi devenue l’une des principales portes d’immigration africaine en Europe. Son nombre a augmenté de 223% début 2014 par rapport à l’année précédente. Ce n’est pas sans conséquences pour le pays qui n’a pas les moyens d’accueillir une telle population. 

Enjeux actuels

La victoire de Syriza est porteuse d'espoir pour le peuple grec. Toutefois, rien n'est gagné, un réel rapport de forces s'est mis en place. D'un côté, le parti de gauche radicale s'est engagé auprès des grecs pour, entre autres, la fin de la politique d'austérité imposée par Bruxelles et risque gros en ne tenant pas ses promesses. De l'autre, l'Union Européenne impose son autorité. Alexis Tsipras, le nouveau premier ministre grec est donc pris dans un bras de fer. Pour Marietta Karamanli, la Grèce a surtout besoin de temps. Un temps que l'on ne lui donne pas, l'enfonçant chaque jour un peu plus dans sa situation de crise.

Pourtant, on lui en a accordé dernièrement : le plan d'aide accordé par l'Union Européenne sera prolongé de 4 mois. Cette nouvelle a été plutôt mal accueillie par les grecs qui espéraient voir une fin proche de la politique d'austérité. Ces derniers regrettent les relations conflictuelles avec l'Europe. En effet, selon Mariette Karamanli, les grecs se sentent profondément liés à l'Europe, ils sont européens. 

Des politiciens qui font parler

Qui sont les nouveaux dirigeants grecs ? Une question que se posent beaucoup depuis les dernières élections. Certains ont essayé d'y répondre. Notamment le journaliste allemand Thomas Assheuer dans un article publié dans Die Zeit faisant un portrait du ministre des finances, Yanis Varoufakis. La BBC s'intéresse aussi en profondeur au ministre dans un article du 13 février dernier. Les échos publiaient peu avant les élections, une biographie de celui qui dirige maintenant la Grèce. 
Vous retrouverez aussi les réactions d'Antoine Gretas, Consul honoraire de Grèce et de l'économiste Mme Antonopoulou à ce sujet dans l'interview accompagnant cet article.
Une interview Réalisée par Baptiste Boumard.

Suzon Tisseau


international / grèce / europe

Article réalisé par

Publication : Mardi 10 Mars 2015

Illustration : De nombreux magasins ont fermé en Grèce suite à la crise






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