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Géopolitiques : quelle vision l’occident a-t-il du monde arabe ?

« Du printemps arabe à l’hiver islamiste ? ». Voilà l’intitulé d’une des conférences qui s’est tenue vendredi dernier, dans le cadre des Géopolitiques de Nantes. Retour sur la question des révolutions arabes, dans le grand atelier du Lieu Unique.

Visuel des géopolitiques à Nantes

Tunisie, Egypte, Syrie, Lybie, Maroc… Depuis deux ans, les pays arabes sont en proie à des bouleversements politiques qui transforment irrémédiablement leurs sociétés. 

Animateur de la conférence, Didier Billion, directeur adjoint de l'IRIS, a d’emblée parlé de «processus» pour désigner ces bouleversements, plutôt que de « révolution ». 
Le terme de « révolutions arabes », souvent affiché dans les médias, est remis en question par les invités dans la mesure où il ne s’agit pas d’un processus terminé, mais bel et bien en court. Il est même difficile d’estimer quand cela prendra fin, ni si le résultat sera positif ou non. 

Aspiration à la démocratie 

Le point commun de chacun de ces pays, c’est qu’ils ont tous connu des turbulences qui ont précédé un renversement de la dictature. Cette chute de la dictature vient contredire l’idée répandue en Occident d’ « exception arabe », pays où la démocratie serait impossible. 
Or, et sur ce point tous les invités étaient d’accord, il y a une réelle aspiration à la démocratie dans chacun de ces pays. 
Les bouleversements qu’ils subissent ne sont pas religieux mais bel et bien politiques, et s’inscrivent donc dans la trajectoire des révolutions modernes. 

Mais « S’il y a une unanimité sur le rejet de la dictature, il n’y en n’a pas sur ce qui doit la remplacer» a précisé Sophie Bessis, directrice de recherche à l'IRIS. Chaque pays est en effet singulier et ce serait une vision simpliste d’en faire un amalgame. 


 Une grille de lecture erronée 

L’une des grandes problématiques évoquée durant cette conférence était celle de la vision du monde occidental sur le monde arabe. 
Et d’ailleurs, le terme même de « printemps arabes » est un concept « euro-centré » comme l’a fait remarqué Didier Billion, puisqu’il fait en effet référence au Printemps des Peuples de 1848 et au Printemps de Prague de 1968. 
L’Occident se projette avec ses propres valeurs dans le monde arabe, et projette notamment sa laïcité. 

L’idée qu’Islam et démocratie soient incompatibles court toujours dans le monde occidental. Or, l’exemple de la Turquie vient contredire cette théorie. 
Grâce à un Islam progressivement modéré, elle est parvenue à imposer la démocratie, et par elle-même comme l’a souligné Christian Makarian, directeur adjoint de la rédaction à l'Express. Le fait est que c’est bien par eux-mêmes que les pays peuvent aboutir à la démocratie, pas en leur imposant. 

 Ainsi, s’il faut retenir une chose de cette conférence, c’est bien le fait que lire le monde arabe avec une grille de lecture occidentale n’est certainement pas le bon moyen pour le comprendre.  


monde arabe / printemps arabe / géopolotique

Article réalisé par Elisabeth Carré

Publication : Mardi 08 Octobre 2013

Illustration : Visuel des géopolitiques à Nantes

Crédit photo : Lieu Unique






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