Bienvenue sur le site de Prun'. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Ok
Cover

Chargement...

FSM 2015 : parlote, auto-gestion, convergences

La diversité des mouvements sociaux en soutien aux printemps arabes

Participant-e-s au Forum social mondial 2015 de Tunis

Une féministe zimbabwéenne qui discute avec un activiste indien ? Un atelier mené conjointement par un syndicat palestinien, des militants finlandais pour la citoyenneté et un réseau de radios communtaires latino-américaines ? Des activités auto-gérées où l'on parle alternatives au système monétaire, participation politique de la jeunesse maghrébine et convergence du plaidoyer contre les grands projets inutiles imposés (GPII) ? Bienvenue au Forum social mondial.

FSM : un processus continu depuis quinze ans


80% des participant-e-s présent-e-s à Tunis vivent là leur premier FSM. Mais en réalité, la dynamique des forums sociaux est née au début des années 2000. Ses fondateurs ont cherché, d'abord à Porto Alegre (Brésil, 2001) puis partout dans le monde, à construire des espaces de dialogue entre mouvements sociaux du monde entier, se posant ainsi en alternative au Forum économique mondial de Davos.

Le FSM est donc un processus continu de réflexion, organisé de manière horizontale, qui culmine lors de rassemblements internationaux mais se poursuit à l'échelle locale, régionale et nationale, ainsi que lors d'événements thématiques, tout le reste de l'année.

Après s'être déjà tenu à Tunis en 2013, le Forum social mondial revient en Tunisie pour sa douzième édition. Ce choix, fait par le Conseil International sur proposition des mouvements sociaux tunisiens, n'est pas anodin.

Un ancrage régional fort


Pour Gus Massiah du Centre de recherche et d'information pour le développement (CRID), co-fondateur du processus du FSM, la région du Maghreb-Machrek est au cœur des contradictions actuelles de notre monde.

Si l'Égypte, notamment, a un temps été envisagée, la situation politique plus tendue a fait renoncer les organisateurs, qui ont préféré revenir à Tunis. Dès 2013, deux ans seulement après les printemps arabes, le FSM se tenait sur le campus d'El Manar, en soutien aux mouvements sociaux tunisiens.

Par leur capacité, selon Gus Massiah, à « imposer des sorties de crise non belliqueuses » et à porter haut et fort le flambeau de la démocratie, ces mouvements ont prouvé la maturité de la société civile tunisienne. Malgré une situation politique, économique et sociale difficile, la révolution de jasmin demeure la contestation la plus porteuse d'espoirs actuellement dans la région.

Quelques mois après des élections historiques, il s'agit donc pour cette nouvelle édition tunisoise du FSM d'offrir aux mouvements sociaux de Tunisie et des pays limitrophes, dont proviennent respectivement les deux tiers des participant-e-s, un précieux espace de dialogue et de synergie avec les luttes altermondialistes.

Se réunir, mais pour quoi ?


Mais le FSM, ce n'est pas que de la parlote. Chaque jour, à l'issue des activités auto-gérées, se tiendront des assemblées de convergence qui visent à construire un plaidoyer commun sur les thématiques débattues (climat, citoyenneté, migrations, égalité des droits,...).

2015 s'annonce en effet comme une année riche en mobilisations (qui culmineront avec la COP 2015, en décembre à Paris). Deux enjeux apparaissent stratégiques pour cette mobilisation : la production de l'information et les nouvelles formes de participation politique. Alors qu'on a beaucoup parlé récemment de liberté d'expression, cette dernière revêt un sens particulier dans une région où les mouvements sociaux demeurent largement criminalisés. Plus largement, la question de la production de l'information s'impose comme enjeu crucial dans un contexte où malgré la forte participation (plus de 4 000 organisations venues de 122 pays), la dynamique du FSM apparaît au mieux comme essoufflée, sinon existante, dans les médias traditionnels.

Enfin, les acteurs émergents (Indignés, Occupy, mouvement de la place Taksim, étudiants chiliens...) sont peut-être en train d'inventer de nouvelles formes de mobilisation basées sur l'horizontalité, la diversité et le consensus. Au risque du désordre et de la scission, des acteurs aussi disparates peuvent-ils relever ensemble le défi des transitions ?

From Pacha Media Center ;), Tunis (travail collectif)


fsm 2015 / forum social mondial / forum social mondial tunis

Article réalisé par Caroline Sordia

Publication : Mercredi 25 Mars 2015

Illustration : Participant-e-s au Forum social mondial 2015 de Tunis

Crédit photo : CC BY-NC-SA Romain Ledroit






Réagir :