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Astropolis #21 - La plus magnifique des Breizh Rave

Retour sur le meilleur festival de musiques électroniques de France. D'une rave sauvage à la croisière Midi-Deux en passant par Beau Rivage jusqu'au Manoir de Keroual.

Astropolis

Cela faisait plusieurs semaines que nous préparions et frémissions à l’approche de la 21ème édition d’Astropolis. Quand le jour J arrive enfin, c’est kits-micro sur l’épaule, sac sur le dos et sourires en bandoulière que nous filons à l’Ouest, direction le bout de la Fin de la Terre : Brest. Après quelques problèmes techniques avec la SCNF de Rennes, c’est un soleil gris mais chaleureux qui nous accueille à notre descente du train. Il est 17h et l’on sent déjà autour de nous une atmosphère familiale accompagnée d’une forte excitation pré-festival. 


Un démarrage à 1000 bpm

Après avoir lamentablement loupé l’Astrococktail animé par les Brestois de BR/ST (vous nous raconterez comment c’était) c’est Facebook qui nous annonce la bonne surprise : Manu le Malin posera ses platines de 21h à 21h30 sur le port de commerce pour nous faire danser sur de la hardtek gratuitement. Au rendez-vous : ambiance iodée, 140 bpm et la même excitation qu'en débarquant à Brest. Au départ statique, le public commence à se lâcher vers 21h30. On ne sait pas comment danser sur ces rythmes, ça se voit mais peu importe, on adore ça. Manu le Malin le sent et prolongera ce before (au goût d’after) pendant plus de deux fois son temps accordé et s’enfuira dans sa petite voiture bleu en nous laissant sur un morceau à environ 1000 bpm. Belle entrée en matière. 
C’est ensuite dans la discothèque La Suite que l’on décide de continuer cette première soirée de festival. Il est assez tôt quand on rentre dans le club et pourtant c’est déjà la jungle : Ambiance moite, boules à facettes dégoulinantes et homo-sapiens dansant de lianes en lianes sur les multiples estrades. C’est le Dj et artiste peintre rennais Mioshe qui fait la mise en chauffe de façon pointilleuse et élégante.
Quand John Talabot prend le relai c’est une salle en sueur et en joie qui l’accueille. Contrairement à mes souvenirs, le public de la Suite c’est trouvé cette fois-ci être très respectueux des raveurs et des Dj, même de Talabot qui n’a pas « lâché les weapons ». Ambiance breizh mésopotamie très agréable. 3h du matin c’est l’arrivée de l’allemand-qui-fait-des-sets-controversés Recondite pour un live comme il sait les faire en plein peak time. Son live techno/house intimiste, mental et progressif a fait largement son effet : les derniers t-shirts tombent. «On se serait cru à Ibiza» m’ont dit certains de la team «Recondite c’était mieux avant »… Si Ibiza c’est comme ça tous les jours moi je signe.
Arrive le tour du boss du label Mistress Recordings : DVS1. Encore une fois les avis sont mitigés, ne prenez pas le mien pour état de fait mais : je mets le kick / j’enlève le kick… jemetslekickjenlèvelekickjemetslekickjenlevelekick jemetslekickjenlèvelekickjemetslekick… la Techno-Autoroute -même bien mixée- ça va bien deux minutes. On prend nos lianes et on quitte l’Amazonie, heureux quand même.

Brest et sa Mer

Après trop peu d’heures de sommeil, c’est vers le-port-qu’est-hyper-loin que l’on se dirige pour la tant attendue Croisière Midi Deux. Il fait beau, la mer est belle, le bateau est magnifique, les gars de Midi Deux ont bien fait les choses. Théo Muller, Calcuta et Voiron nous emmènent pour 3h de fête parfaite. La jauge semble réduite, tout le monde a de la place pour danser comme il le veut, les sets sont géniaux (en plus on a l’impression de voler et tout) et de toute façon qui dit Brest x Midi Deux x Fête dit : Bololo Party ultra réussie.
Shout out à vous les danseurs/danseuses hors pairs qui arrivent à donner de l’énergie à toute une salle, et shout out à vous les joueurs de verres-tapés-sur-les-poteaux. On a des coups de soleil et des acouphènes mais on est heureux, on fait parti des privilégiés qui viennent de passer un des meilleurs moments de fête de tout le festival. (Retrouvez un interview de Florian, Calcuta et Théo Muller à l’occasion de cette croisière dans Technosaurus à la rentrée)

Pendant ce temps, sur la terre ferme, le Château de Brest vibre et tremble depuis 12h30 au rythme des kicks et des cris des festivaliers. Pas le temps d’avaler un dessert que nous voilà à Beau Rivage, dans cet open-air improvisé au milieu d’un spot de haute volée. Petit tour d’horizon : quand notre regard n’est pas porté vers le grand large, nous pouvons nous retourner et admirer les déambulations des festivaliers sur la butte entre les deux grands remparts où des amoureux viennent s’isoler pour danser enlacés sur les beats saccadés. Pieds nus dans l’herbe, bière à la main, tête dans les nuages, on chill, on danse, on aime.

Calice ! Du beau monde à Astro !


Les premiers mouvements commencent avec Eekkoo et Bassilus C, deux représentants de la scène Montréalaise. Car oui, depuis plusieurs années déjà, une belle histoire d’amour et de son dure entre Astropolis et le Piknic Electronik qui a chargé ses compatriotes de prouver que le Québec c’est pas que de la poutine. S’en suivra ensuite l’excellent set punchy de Yann Lean de la maison KMS Records, tout juste débarqué chez Astro Records avec qui il sort un EP soon.

La jolie découverte de l’après-midi viendra avec un artiste au nom de code un peu étrange : Kiwisubzorus. Ce rennais, issu du tremplin Grand Ouest d’Astropolis, est le seul qui délivrera une prestation ingénieuse où kicks, claps et basses s’entremêleront habilement devant une foule toujours plus massive. Ayant du pain sur la planche et une soirée à préparer, nous quittons Beau Rivage aux côtés de Blutch (interview à retrouver sur le site de Prun’ dans les prochains jours) . Heureux et les pieds déjà ready pour l’épreuve de Keroual, le public Brestois nous prouve que même par vent froid, ces gars-là sont super chauds.

La vieille pierre qui vibre


Ça y est, ce soir c’est au Manoir de Keroual qu’on va rave-uper. Les rues de Brest sont criantes et chantantes, on suit les sifflets et les déguisements pour trouver le point de rendez-vous des transports : c’est l’heure de passer la traditionnelle épreuve de la navette. La dose de folklore ayant été administrée à toute personne consentante ou non, nous arrivons sur le site du festival. C’est dans les -très inhabituelles- looongues file d’attente pour accéder au site que nous profitons de la fin du très bon set de Knappy Kaisernappy qui ouvra la Cour. Élue révélation du festival, Knappy a su chauffer les articulations de tous ses spectateurs pour 12h de danse non-stop.

C’est autour de l’anglais de Bristol Kowton de faire vibrer les vieilles pierres du Manoir. Pendant une heure, tous ses potos de la team UK y passent : Barnt, Bruce, Randomer, Peverlist, Hodge, Batu, Objekt, Bass Clef… Une heure de compil’ hit 2014 UK, mais une heure extrêmement bien menée. La Cour se remplie et commence à devenir in-dansable, preuve de l’efficacité du set de monsieur Joe. Il laisse les platines au « mystérieux » Kolde (coucou Electric Rescue) pour un live d’une froideur et d’une brutalité totalement inattendue. Des Dj qui font des sets de « techno froide et mélodieuse » il y en a des dizaines, mais celui-là… Je ne m’attendais vraiment pas à ressentir une telle identité dans son live. L’ambiance voie lactée au dessus de nos têtes x lasers unicolores n’arrange rien au fait que c’était unique et gigantesque. Grosse claque du Roi des Glaces. 

Breizh Rave, la fin des Fest Noz ?


Pas envie de voir Robert Hood et son live hybrid performance alors on court comme des gazelles devant le magnifique manège-de-la-liberté puis on rejoint le chapiteau Mekanik pour voir la fin de The Bug et surtout le live des gars de Minimum Syndicat. Et c’est là que les choses se passent. Sous le chapiteau, une pluie d’acid et un tonnerre de kick, des gens heureux et ayant de la place pour danser, ça y est on y est : C’est la Breizh Rave.
De la rage, de la fête, de la liberté, des hernies discales. Meilleur moment de tout le festival. Minimum Syndicat nous laissent trop vite et tendent les platines à Manu Le Malin. Le coquin nous fait languir pendant une bonne dizaine de minutes, les esprit s’échauffent… puis redescendent. On ne restera pas longtemps à danser sur de la hardtek car c’est l’heure de Marcel Fengler dans notre Cour adorée (ou plutôt sur notre « bute au dessus de la cour » adorée, les vrais sauront). La transition Minimum Syndicat/Marcel Fengler est un peu difficile, mais nos muscles retrouvent tout leur entrain quand le Berlinois droppe l’hymne de Technotronic : Pump up the Jam.

C’est ensuite Paul Woolford (aka Special Request) qui sera chargé de faire la bande son du lever de soleil. Une bande son mi-house pas enivrante, mi-techno mollassonne qui m’a personnellement très déçue. Lil Louis (qui n’a toujours pas retrouvé l’ouïe) clôturera la Cour d’un énorme coup de matraque pas très bien calé mais bien mérité. Une légende dirait qu’il aurait encore fini à poil sur ‘Spastik’, la roulette de Plastikman. L’épreuve de Keroual se termine au Chill-Out, sous la chaleur des 1ers rayons de soleil Bretons. Le magicien Pipholp joue alors un set micro-house plus que planant. Les derniers ravers debout se dandinent de manière asynchrone devant les enceintes, d’autres ferment les yeux assis ou à terre. 
Il est 8h30. C’est environ à cette heure-ci que vous avez le plus de chance de croiser un Superman et un Requin échoués sous un arbre, le drapeau breton flottant au dessus d’eux. C’est aussi l’heure de rentrer à la maison, fatigués mais heureux. Piétinant au milieu de cette famille de festivaliers dont les yeux et les sourires en disent long sur la soirée passée. C’était beau, c’était grand. 
En conclusion : Astropolis reste le meilleur festival de musique électronique de France. Une ambiance aussi familiale et pointue en même temps est rarement égalée. Une édition marquée sous le signe du beau temps (on a frôlé l’Astro-t-shirt !), de la liberté (manège tellement symbolique) et de la bonne musique. On compte déjà les jours jusqu’à la prochaine édition de la plus magnifique des Breizh Rave. 
Merci à tous ceux qui font que ce festival existe et petit dernier shout out pour le disque jockey du bar de l’élite qui a passé Reese - Rock to the beat, tu as sublimé notre nuit.




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Article réalisé par Johan Mabit

Publication : Vendredi 07 AoûT 2015

Illustration : Astropolis

Crédit photo : © Alban Gendrot






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