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8 mars : journée internationale DES droits DES femmes

Le billet d'humeur, c'est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d’un journaliste sur un fait d'actualité. Dans le Ghetto Blaster du 8 mars 2017, Anna s’est prêtée au jeu de cet exercice pas facile.

« Aujourd’hui, c’est le 8 mars. Oh, je te vois, cher auditeur, rentrant du travail au volant de ton engin, puissant et rutilant, à quatre roues, te disant : “Mais non, encore un truc sur le 8 mars, encore les femmes !” C’est le souci avec les journées à thème officiel. Tout se concentre sur une journée et ça finit par agacer.

L’ONU parle de la journée internationale des femmes – c’est d’ailleurs l’intitulé officiel – alors que la France a plutôt tendance à privilégier la journée internationale DES droits de LA femme. En tous cas, ce n’est pas la journée de LA femme, ce n’est pas non plus la journée DES femmes. C’est la journée internationale DES droits DES femmes et j’ajouterais DES libertés, pour des femmes plurielles, différentes, uniques, un peu comme tous les êtres humains !

Cette journée du 8 mars n’est donc pas une fête, c’est l’occasion de dire, de redire, de faire le point.

Je suis une femme, mais je n’ai pas eu le choix, je suis née femme, comme je suis née moitié française, moitié vietnamienne, je ne l’ai pas choisi.


Alors, oui, cette date du 8 mars est rattrapée par les enseignes commerciales en France comme la Saint-Valentin ou la fête des mères. Elle est parfois réduite par la journée de LA femme qui mettrait à l’honneur un soi-disant idéal féminin, accompagné de ses attributs : cadeaux, fleurs ou parfums. Aïe !

Une journée où ma boulangère m’offre une chouquette à la fraise, parce que je suis une femme et qu’elle sera fière et contente, ma boulangère, en pensant qu’elle fait une action féministe et militante. Oups !

Sauf que, en France, il y a encore de grosses inégalités entre les hommes et les femmes, et la parité est loin d’être respectée. Bon, cela dit, on ne se soucie guère de la parité hommes/femmes chez les déménageurs. Pourquoi ?

On peut aussi avoir envie de réformer la langue française parce que le masculin remporte sur le féminin, ajouter des “e” à auteur, ou à professeur, soit. Moult langues, qui n’ont pas de genre, ne se posent pas la question, et c’est tant mieux !

En revanche, il y a bien la locution nominale “femme de ménage” qui devrait disparaître.

Mais si le féminisme, le substantif “le féminisme” – en tant que mouvement militant pour l’amélioration et l’extension du rôle et des droits des femmes dans la société est,  ô combien, nécessaire et indispensable encore aujourd’hui, l’adjectif, quant à lui, “féministe” écarte encore beaucoup trop les hommes, et de nombreuses femmes. Avec son lot de clichés, il résonne dans l’imaginaire collectif comme une tare ou un gros mot. À raison ?

On peut être un homme et être féministe. On peut être un homme et ne pas être machiste !

Bref, tout ça pour dire que le 8 mars, c’est la journée internationale DES droits DES femmes et de leurs libertés, et que cette journée a du sens ici ou ailleurs.

Je pense à la violence faite aux femmes dans le monde, je pense à l’excision, à la prostitution et au tourisme sexuel dans le monde, aux mariages forcés, je pense aux racines religieuses des inégalités hommes/femmes.

En France, je pense au droit à l’avortement, voté par la loi Veil en 1975, ou au droit au compte bancaire pour les femmes séparées de leur mari en 1965, ou encore le droit de vote, accordé aux femmes en 1944. Je pense au harcèlement de tous les jours dans la rue, au travail, à la discrimination à l’embauche.

Je me dis que tout est question d’éducation, de normes sociales et historiques, qui “genrent”, partout, tout le temps, au quotidien, dès la naissance. L’enfant n’est pas sorti du ventre de sa mère qu’on pose déjà la question : “C’est une fille ou un garçon ?”.

Rappeler que les hommes et les femmes, on n’est pas fait pareil, à la base. Physiquement. Notre physiologie, notre fertilité, nos organes génitaux – pour mémoire, les femmes ont un vagin et les hommes, un pénis – sont différents. Et forcément, cela entraîne d’autres différences. La question est de savoir de quel ordre.

J’aurais bien aimé être un homme pour vous dire cet humble billet qui n’a rien de féminin, ni de féministe. Il aurait retenti différemment à vos oreilles. En tout cas, je ne l’ai pas écrit, parce que je suis une femme. Alors, oui, je suis une femme, et je suis heureuse d’être une femme, en France, mais, je n’ai pas choisi d’être née, femme .»


billet / droit des femmes / 8 mars

Article réalisé par Anna Tuyen Tran

Publication : Vendredi 10 Mars 2017

Illustration : Journée internationale des droits des femmes






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