vendredi 19 mars 2010, 18:39:58

Imaginez « un ensemble disparate mais soudé de musiciens et de mécaniciens manipulant outils, machines et instruments, malaxant la forme classique et le bazar moderne en une pâte sonore inouïe et croustillante ». C’est le concept de la Symphonie mécanique par l’orchestre philarmotechnique. En lien avec l’exposition « Le Grand répertoire - Machines de spectacle » qui logeait dans la Nef du Grand Palais à Paris, François Delarozière et Dominique Malan ont monté ce projet complexe et extravagant qui allie la subtilité de la mécanique à la mélodie de la musique.
A l’image d’un théâtre dont on enlève les murs, où l’on voit la salle des machines, l’atelier, les techniciens et les musiciens locaux en pleine répétition, la symphonie mécanique interroge la perception de l’art et le rapport entre les artistes et le public. En pleine préparation de sa tournée régionale des pays de la Loire qui débutera le 11 juillet à Fontevrau et se terminera le 22 à Saint Nazaire l’important pour la troupe est de conserver une proximité avec les spectateurs. Une grande première intimiste alors que les machines rocambolesques ont déjà parcouru le monde et fait vibrer des milliers de personnes.
Entre petites scènes musicales de rue ou concerts dans des lieux dits de la région, ce spectacle est une véritable création complexe et extravagante. Pas toujours évident de mêler la mécanique à la musique, les subtilités d’un mécanisme à la mélodie des morceaux. La symphonie mécanique nécessite connaissances techniques, doigté et oreille musicale.
La machine est un acteur, le manipulateur un comédien,
l’atelier ou la ville la scène et la musique l’effet produit.
Du rossignol siffleur à la cocotte à flûte en passant par la grouvagase de monsieur paulo avec son glou sauteur scratcheur, les 50 machines et les 15 machinistes musiciens du cortège réussissent à faire sortir des sons uniques donnant vie aux lieux qu’ils investissent. Dominique Manan, le chef d’orchestre lie le tout et dirige les opérations, spectacle pyrotechnique, musique classique et résonance du métal, la proximité avec le public intrigué créé cette alchimie. Il peut arriver que l’un des musiciens joue à 50 cm d’une personne lors d’une petite aubade près d’une Eglise. Après leurs concerts en Espagne, au Japon ou encore à Paris au Parc de la Villette l’an dernier, la troupe avait besoin de retourner à des performances plus intimistes. Pour leur prochaine tournée seule 15 machines seront déplacées, de toutes tailles et les musiciens classiques locaux viendront grossir les rangs de cette famille atypique.
-François Delarozière en quelques mots :
Explorateur depuis plus de 15 ans de l’art du mouvement, il s’est associé en 1998 à la compagnie Royal Deluxe pour qui il a construit le décor de la rue du cargo melquiades à Nantes. C’est aussi à lui que l’on doit les machineries géantes du Géant, du Rhinocéros ou des Girafes. Pour ce nouveau spectacle il a conçu le déroulement en deux temps. Les répétitions publiques constituent le premier acte du spectacle, moment où la complicité et la proximité se créent avec le public. A l’image de véritable laboratoire à ciel ouvert, les spectateurs assistent à l’envers du décor dans lequel ils peuvent circuler librement. La journée s’achève par la visite symphonique qui dure environ une heure et demie.
Informations complémentaires et extraits vidéos disponibles sur le site www.lamachine.fr
Clémentine Blézeau